Mausolées détruits au Mali: "graves incidents"

AFP Publié le - Mis à jour le

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) Les destructions de mausolées à Tombouctou (nord-ouest du Mali) par des islamistes armés sont "de graves incidents" qui "ne vont pas dans le sens de l'apaisement", a déploré lundi la médiation burkinabè. "La destruction de ces monuments historiques, de ces mausolées déchire le coeur des Maliens et de tous ceux qui ont connu ces lieux saints", a déclaré le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, dont le pays conduit la médiation ouest-africaine dans la crise malienne.

Les affrontements récents à Gao (nord-est) et "la destruction des mausolées sont pour nous de graves incidents qui de toute façon ne vont pas dans le sens de l'apaisement", a-t-il ajouté devant la presse, après un entretien entre le président burkinabè Blaise Compaoré et le représentant spécial de la France pour le Sahel, Jean Felix-Paganon. "Il va bien falloir que nous redoublions d'ardeur pour convaincre les parties de cesser toute forme d'hostilité et de s'engager dans la recherche des meilleures conditions de confiance et d'apaisement pour le dialogue constructif", a poursuivi le ministre burkinabè.

Une délégation du groupe islamiste Ansar Dine présente depuis plus de deux semaines à Ouagadougou pour des discussions avec la médiation "est partie aujourd'hui (lundi), nous avons eu l'occasion de leur dire ce que nous pensons tous, nous regrettons tous que ce genre d'événements puisse se produire", a-t-il souligné. "Ce ne sont pas les événements comme ceux-ci qui pourront renforcer la cohésion et la réconciliation. Il faut très vite qu'on puisse les dépasser et que les différentes communautés apprennent à se respecter et à respecter les valeurs des uns et des autres", a conclu M. Bassolé.

A Tombouctou, les islamistes d'Ansar Dine ont démoli pendant le week-end sept des seize mausolées de saints musulmans, et ont franchi lundi une étape supplémentaire en brisant la porte d'entrée d'une des trois plus grandes mosquées de la ville.

Ces destructions de monuments dans une ville inscrite le 28 juin par l'Unesco sur la liste du Patrimoine mondial en péril ont été largement condamnées à travers le monde.

Mini-sommet samedi pour un "gouvernement d'union nationale" au Mali

Un mini-sommet de chefs d'Etat ouest-africains avec des représentants de la classe politique et de la société civile du Mali aura lieu samedi à Ouagadougou afin de mettre en place un "gouvernement d'union nationale" dans ce pays, a annoncé lundi la médiation. "Les pays du groupe de contact sur le Mali vont se retrouver samedi pour évaluer la transition malienne", a déclaré devant la presse le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, dont le pays conduit la médiation ouest-africaine dans la crise malienne.

Ce mini-sommet doit réunir les dirigeants du Bénin, du Niger, du Nigeria, du Togo, du Liberia, du Burkina Faso ainsi que le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). "Les chefs d'Etat auront l'occasion d'échanger avec des représentants de la classe politique malienne, de la société civile: il nous faut envisager d'aller vers un gouvernement de large consensus, un gouvernement d'union nationale qui sera à même de mieux gérer les défis que connaît le Mali", a indiqué M. Bassolé après un entretien entre le président burkinabè Blaise Compaoré et le représentant spécial de la France pour le Sahel, Jean Felix-Paganon.

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