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La gauche radicale française a déclenché une polémique en France autour du drapeau bleu étoilé de l'Europe, en exigeant qu'il soit retiré de l'Assemblée nationale, poussant le président pro-européen Emmanuel Macron à réagir et promettre son maintien. "Monsieur le président, vous n'avez pas le droit d'imposer à la France un emblème européen confessionnel. Il n'est pas le sien", a lancé mercredi dans un communiqué le chef de file des députés de gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Son mouvement anticapitaliste et anti-européen, La France Insoumise, avait proposé la semaine dernière de supprimer le drapeau européen de l'hémicycle pour le remplacer par celui de l'ONU, en invoquant "une difficulté à mettre un drapeau qui ne fait pas consensus".

Emmanuel Macron a annoncé mardi qu'il allait officiellement reconnaître le drapeau européen au prochain sommet de l'UE afin qu'il ne puisse pas être "enlevé de l'hémicycle" de l'Assemblée nationale.

Il s'agit en fait de signer la Déclaration 52 du Traité de Lisbonne, qui dispose que "le drapeau représentant un cercle de douze étoiles d'or sur fond bleu, l'hymne tiré de L'Ode à la joie de la Neuvième symphonie de Beethoven, la devise 'Unie dans la diversité', l'euro en tant que monnaie de l'UE et la Journée de l'Europe le 9 mai continueront d'être les symboles de l'appartenance commune des citoyens à l'UE et de leur lien avec celle-ci".

La formule, dont l'esprit était présent dans le Traité pour la Constitution européenne, rejetée en 2005, avait été reprise en annexe du Traité de Lisbonne de 2007 et signée par 16 États membres, mais jusqu'alors pas par la France. Or pour M. Mélenchon, cette déclaration "ne peut être signée" par le chef de l'Etat "sans vote ni accord du Parlement français".

Plusieurs figures de la droite et de l'extrême droite se sont également insurgées contre l'annonce présidentielle. La patronne de l'extrême droite française Marine Le Pen a accusé le chef de l'Etat mercredi sur Twitter d'agir "en valet de l'UE", considérant que sa décision était le "dernier clou sur le cercueil du 'Non' de 2005", en référence au résultat du référendum alors organisé en France concernant la Constitution européenne.

A droite, le député du parti Les Républicains Julien Aubert a déploré dans un tweet que le président français fasse "un pas de plus vers le fédéralisme".

Le drapeau bleu étoilé a fait son entrée à l'Assemblée nationale sous le précédent quinquennat du socialiste François Hollande.