Merah: les parties civiles estiment "ridicule" l'attitude du père

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L'avocate algérienne du père de Mohamed Merah, Me Zahia Mokhtari, qui devait se rendre à Paris pour remettre au parquet des vidéos impliquant la police française ne le fera finalement pas. Les avocats des familles de victimes ont estimé que ce nouvel épisode était "ridicule".

L'avocate algérienne a déclaré lors d'une conférence de presse à Alger jeudi soir avoir décidé de "laisser de côté (sa) vidéo car en tant que défense, nous avons d'autres arguments à faire valoir pour faire éclater la vérité dans cette affaire". "Nous sommes prêts à remettre la vidéo à la justice française", a-t-elle toutefois assuré.

Selon elle, les vidéos doivent être remises exclusivement à la justice et ne doivent pas faire l'objet d'une exploitation médiatique.

L'avocate française du père du "tueur au scooter", Me Isabelle Coutant-Peyre, a souligné vendredi que le "point sur la situation avait été fait hier (jeudi) soir à Alger".

Me Mehana Mouhou, avocat d'une famille de victime, a estimé que "cela devenait ridicule". "Elle a dit qu'elle avait un élément. Si c'est du vent, c'est gravissime. Son client n'a aucun statut juridique. Elle a commencé par dire 'J'ai des preuves que la police française a liquidé Mohamed Merah', accusant la police française d'homicide. Maintenant, elle dit 'J'ai des preuves, j'ai une vidéo' et elle ne donne rien".

Par ailleurs, l'avocate algérienne du père de Mohamed Merah a annoncé qu'un message serait envoyé aux familles des victimes pour leur demander de collaborer avec la défense "pour faire éclater la vérité".

Me Zahia Mokhtari n'a "aucune autorité pour parler des victimes", a estimé Me Mouhou pour qui "un avocat ne peut pas tout dire et ne peut pas tout faire". "Ce n'est pas déontologique et professionnel", souligne-t-il.

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour violation du secret de l'instruction après la diffusion dimanche par TF1 d'extraits des enregistrements audio entre Mohamed Merah et les policiers lors du siège de son appartement.

"On se demande pourquoi TF1 a diffusé cette vidéo (sic) à ce moment précis, sachant que nous-mêmes avons une vidéo que nous avons promis de rendre publique", a affirmé Me Mokhtari.

"La vidéo de TF1 est une façon de torpiller la démarche de la défense", a-t-elle estimé. "Dès lors que le ministère de l'Intérieur français et le ministère de la Justice ont dénoncé cette vidéo de TF1, nous les soutenons". Me Mokhtari a annoncé qu'elle adressera trois lettres, l'une au président François Hollande, l'une au ministre de l'Intérieur et l'autre au ministre de la Justice pour leur demander "l'application stricte de la justice".

Mohamed Merah avait tué trois enfants et un enseignant juifs dans une école de Toulouse le 19 mars, après avoir abattu trois parachutistes à Toulouse et à Montauban les jours précédents. Il avait été assiégé pendant 32 heures avant d'être tué. AP

Il aura fallu environ une heure de votes à la Chambre vendredi après-midi pour rejeter tous les amendements et adopter les 13 propositions de loi, de loi spéciale et de révision de la Constitution concrétisant une partie importante du premier volet de l'accord institutionnel.

Tous les textes ont été adoptés par 106 voix pour (la majorité institutionnelle composée du PS, CD&V, MR, Open Vld, sp.a, cdH, Ecolo et Groen, plus le député MLD) et 42 non (N-VA, VB, LDD, FDF) à l'exception de ceux relatifs au renouveau politique qui ont recueilli 134 oui contre 12 non et 2 abstentions. Seul le VB a voté contre et les FDF se sont abstenus.

A plusieurs reprises et à la fin des votes, les députés ont applaudi l'adoption des textes. Le Premier ministre Elio Di Rupo, les vice-premiers ministres Laurette Onkelinx (PS), Didier Reynders (MR), Joëlle Milquet (cdH) et Steven Vanackere (CD&V) ainsi que des secrétaires d'Etat aux Réformes institutionnelles Melchior Wathelet (cdH) et Servais Verherstraeten étaient présents et les députés étaient presque au complet. On ne comptait en effet que 2 absents sur les 150 députés que compte la Chambre.

Le président du CD&V Wouter Beke a assisté aux votes depuis la tribune des sénateurs.

Outre la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, ces 13 textes concernent la nomination des bourgmestres de la périphérie bruxelloise, la compétence de l'assemblée générale du Conseil d'Etat, le refinancement de Bruxelles, la Communauté métropolitaine, l'autonomie constitutive du Parlement flamand, wallon et de la Communauté française ainsi que certaines mesures de renouveau politique.

Malgré l'importance de la réforme, les discussions n'ont finalement pas été très longs en séance plénière. La Chambre a consacré la journée de jeudi au débat. Vendredi, il n'y a plus eu que les votes et aucune déclaration avant ceux-ci.

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