International

Migrants, Union européenne ou investissements publics: voici les principaux points de discorde entre conservateurs d'Angela Merkel et sociaux-démocrates, susceptibles de compliquer la formation d'un gouvernement en Allemagne:

  • UE

Conservateurs et sociaux-démocrates s'accordent sur un point: l'Allemagne doit travailler main dans la main avec le chef de l'Etat français Emmanuel Macron pour réformer l'UE. Mais les deux camps s'opposent sur la manière.

Les sociaux-démocrates endossent complètement la proposition d'un budget de la zone euro pour des investissements communs. Les partis de l'Union d'Angela Merkel font, eux, la sourde oreille, car ils redoutent comme la peste une mutualisation de la dette.

L'idée française d'un ministre des Finances pour la région est reçue avec bienveillance des deux côtés. Mais le SPD lui attribuerait bien la mission d'endiguer la concurrence fiscale entre pays membres, tandis que les conservateurs le verraient davantage en garant d'une poursuite de la réduction des dettes, rôle où la Commission européenne lui paraît trop laxiste.

  • Finances

Les sociaux-démocrates, qui ont fait campagne pour plus de justice sociale, ont cruellement besoin d'un succès dans ce domaine s'ils souhaitent obtenir le feu vert de leurs militants à une éventuelle nouvelle coalition avec les conservateurs. Ils insistent sur une augmentation des dépenses dans l'éducation, l'immobilier, les infrastructures et la santé.

Pour les financer, il s'agit de faire passer les plus riches à la caisse. Ils demandent entre autres une augmentation progressive du taux d'imposition maximum de 42 à 45%. Pour faire passer la pilule, ils proposent en parallèle une augmentation du plafond du revenu annuel soumis à ce taux.

Ils plaident aussi pour une suppression de l'impôt de solidarité ("Soli-Zuschlag") -payé par les Allemands de l'ouest pour soutenir ceux de l'ex-RDA- dans un premier temps seulement pour les classes moyennes et défavorisées.

Mais les conservateurs, en particulier la CSU, refusent d'en entendre parler. Ces derniers proposent d'augmenter les dépenses de défense -ce dont le SPD ne veut pas-, de réduire les impôts et de supprimer le "Soli-Zuschlag" pour tous.

Le SPD vise aussi une réduction des inégalités face à l'assurance maladie en Allemagne via la création d'une couverture médicale universelle, un peu à l'image de la sécurité sociale française. Idée rejetée jusqu'ici par Angela Merkel.

  • Réfugiés

Dans l'espoir d'endiguer la montée de l'extrême droite, les conservateurs misent sur un durcissement de la politique migratoire dans le pays, qui a accueilli plus d'un million de réfugiés -essentiellement syriens et afghans- depuis 2015.

Ils comptent limiter à 200.000 le nombre de demandeurs d'asile par an et prolonger l'interdiction du regroupement familial pour les réfugiés qui n'ont qu'un permis de séjour provisoire d'un an.

Le SPD exige, lui, de lever ce moratoire devant expirer fin mars, qui concerne uniquement les parents proches. "Nous parlons de moins de 70.000 personnes", a fait valoir son chef Martin Schulz.

Un compromis sur ce sujet est d'autant plus ardu que le parti bavarois CSU allié à la chancelière, inquiet de perdre sa majorité absolue lors d'élections régionales cet automne, se montre inflexible.