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La chancelière allemande Angela Merkel va se rendre à Chemnitz, cette ville de l'ex-RDA secouée depuis dix jours par des violences d'extrême droite après un meurtre attribué à des réfugiés, a annoncé la Ville mardi. La chancellerie, contactée, n'a pas immédiatement réagi. 

Aucune date n'a encore été fixée pour cette visite, selon la Ville, alors que la chancelière est critiquée par ceux qui fustigent un manque de réaction de sa part face aux débordements et violences.

Selon une porte-parole de la Ville de Chemnitz, la chancelière a proposé dans une conversation téléphonique avec la maire, Barbara Ludwig, de venir dans cette cité de quelque 250.000 habitants, théâtre de manifestations d'extrême droite, dont la dernière samedi a fait 20 blessés.

La maire social-démocrate "a accepté avec plaisir la proposition", selon la porte-parole.

Chemnitz, non loin de la frontière tchèque, a connu plusieurs manifestations de l'extrême droite depuis le 26 août, au lendemain du meurtre d'un homme de 35 ans tué à coups de couteau en pleine rue.

Deux demandeurs d'asile, un Irakien et un Syrien, d'une vingtaine d'années, ont été arrêtés, soupçonnés d'avoir commis cet homicide pour l'un et d'y avoir participé pour l'autre.

La police est également à la recherche d'un troisième homme, un autre demandeur d'asile irakien de 22 ans, dont elle a diffusé mardi le portrait.

Elle a averti qu'il pouvait être dangereux et armé.

Dans cette région où le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) enregistre parmi ses meilleurs scores nationaux, ce meurtre a suscité de vifs remous et des violences contre des étrangers qui ont choqué le pays tout entier.

La société allemande est en plein chamboulement depuis l'arrivée de plus d'un million de migrants en 2015 et 2016 et s'interroge sur l'intégration de ces personnes, pour beaucoup musulmanes.

L'extrême droite, vent debout contre Mme Merkel, assure que cette politique d'accueil a entraîné une recrudescence de la criminalité même si les statistiques montrent une réalité plus nuancée.

La chancelière, régulièrement chahutée lorsqu'elle se déplace en Saxe et dans les autres régions de l'ex-RDA, ne s'est exprimée directement qu'à une seule reprise sur le sujet, dénonçant avec véhémence "la haine dans la rue" qui "n'a pas sa place dans un Etat de droit".