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La police malaisienne a perquisitionné les domiciles des deux pilotes du vol MH370 disparu sans laisser de traces il y a huit jours, et examine le simulateur de vol que le commandant de bord possédait chez lui, ont annoncé dimanche les autorités. "La police a perquisitionné le domicile du pilote samedi", selon un communiqué du ministère des Transports. "Les officiers ont parlé avec la famille du pilote et des experts sont en train d'examiner son simulateur de vol". "La police a également perquisitionné le domicile du copilote", ajoute le communiqué, précisant qu'il s'agissait d'une procédure "normale".

Dans la presse de ces derniers jours, les proches et collègues du commandant Zaharie Ahmad Shah, 53 ans, et de son copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans, ont témoigné de leur professionnalisme et de leur caractère équilibré. Le commandant avait chez lui un simulateur de vol mais les experts du secteur aérien disent que ce n'est pas si rare chez les pilotes passionnés.

Les autorités malaisiennes avaient annoncé samedi que le désactivage des systèmes de communication et le brusque changement de cap du Boeing 777 en direction de l'Océan indien étaient "cohérents avec une action délibérée de quelqu'un" dans l'avion, qui a continué de voler près de sept heures. Les enquêteurs se penchent donc sur les personnalités et les profils des passagers et des douze membres d'équipage.

25 pays impliqués dans les recherches

Le nombre de pays impliqués dans les recherches du Boeing 777 de Malaysia Airlines disparu il y a huit jours atteint désormais 25, pour des opérations qui couvrent d'immenses étendues, en mer et à terre, a annoncé dimanche la Malaisie. "Le nombre des pays impliqués dans les recherches et les opérations de sauvetage du vol MH370 est passé de 14 à 25, avec ce que cela comporte comme nouveaux défis à relever en matière de coordination et de diplomatie", a déclaré le ministre de la Défense et des Transports, Hishammuddin Hussein.

La coopération inclut des données satellitaires et militaires, potentiellement sensibles, avec ces pays parmi lesquels figurent les Etats-Unis, la Chine et la France.

"Nous espérons ainsi que les parties qui peuvent nous assister aideront à mieux cibler la zone à fouiller", a indiqué le ministre, à propos de cette tâche de plus en plus dantesque.

La police malaisienne a demandé aux polices et services de renseignement des pays qui comptaient un ressortissant dans l'avion, de procéder à des vérifications des antécédents de ces passagers.

Après la suspension des opérations en mer de Chine méridionale samedi, les avions et navires se concentrent sur deux corridors: au nord, du Kazakhstan au nord de la Thaïlande, et au sud, de l'Indonésie à la partie méridionale de l'Océan indien.

Le couloir sud est jugé le plus vraisemblable par les analystes, qui soulignent que le couloir nord passe au-dessus de plusieurs pays, dont les radars militaires auraient forcément repéré un appareil.

La Chine fustige la Malaisie pour le "temps perdu"

La Malaisie faisait dimanche l'objet de nouvelles critiques en Chine, où médias et internautes jugeaient "trop tardives" les annonces du gouvernement malaisien sur le détournement "délibéré" du Boeing 777 disparu il y a huit jours.

Kuala Lumpur a annoncé samedi que la désactivation des systèmes de communication et le brusque changement de cap de l'avion de Malaysia Airlines en direction de l'Océan indien étaient "cohérents avec une action délibérée de quelqu'un" dans l'avion. "Il est évident que l'annonce d'informations aussi essentielles arrive terriblement tard", après sept jours "atroces" endurés par les proches des passagers disparus, a asséné l'agence d'Etat Chine nouvelle dans un commentaire au ton cinglant.

"Ce délai s'explique soit par un manquement au devoir ou alors une réticence à partager des informations en temps et en heure --ce qui serait inacceptable", a-t-elle poursuivi, soulignant que la Malaisie "ne pouvait esquiver sa responsabilité".

"En l'absence -ou tout au moins le manque- d'informations attestées, des efforts massifs ont été gaspillés", en concentrant les opérations de recherches dans une zone où l'avion ne se trouvait pas, a insisté Chine nouvelle. "Cela prouve que les recherches des huit derniers jours ont été faites totalement en vain et rataient l'essentiel (...) et que les hypothèses que les autorités malaisiennes s'évertuaient à démentir s'avéraient finalement exactes", ironisait pour sa part un commentaire du Beijing Times.

De leur côté, les internautes chinois ne se montraient guère plus tendres: "Un seul mot peut qualifier l'attitude du gouvernement malaisien: +imposture+", lançait un usager du site de microblogs Weibo. "Leur mauvaise foi et leurs tromperies sont tellement malhabiles que même moi un simple observateur je m'en étais aperçu d'un regard", grinçait un autre internaute.

La plupart des données satellites présentées samedi par Premier ministre malaisien Najib Razak avaient déjà fuité auparavant dans les médias américains. "Nous comprenons le besoin désespéré d'informations (...) mais nous avons la responsabilité de ne fournir que des informations que nous avons pu corroborer", s'était alors justifié Najib Razak, et Malaysia Airlines a rappelé quant à elle qu'il "avait fallu du temps" pour "vérifier et analyser" ces données.

Sur les 239 personnes à bord, 153 étaient des ressortissants chinois. Leurs proches, rassemblés dans l'hôtel Lido de Pékin, ont indiqué avoir de nouveau rencontré dimanche matin des représentants de la compagnie aérienne mais sans obtenir de nouvelles informations. "Ils ne nous disent absolument rien, c'est vraiment grotesque. A moins de nous dire ce qui s'est réellement passé, à quoi cela sert-il?", s'est indigné un homme d'âge moyen, interrogé dans un couloir de l'hôtel.