Mitt Romney publie sa feuille d'impôts

AFP Publié le - Mis à jour le

International

M. Romney n'avait publié jusqu'à présent que sa feuille d'impôts pour 2010. Il avait promis le mois dernier de publier celle de 2011. Son adversaire Barack Obama à la présidentielle du 6 novembre avait regretté que le candidat républicain ne fasse pas preuve de plus de transparence, lui qui avait dévoilé en 2008 plus de dix ans de feuilles d'impôts.

Romney joue son va-tout

Après avoir traversé la pire des tempête de la campagne présidentielle en estimant que 47% des Américains avaient une mentalité de "victimes", le candidat républicain Mitt Romney, sourd aux critiques, joue désormais son va-tout à moins de 50 jours du scrutin. Dans une vidéo prise à son insu en mai et diffusée lundi par le journal de gauche Mother Jones, Romney a déclaré qu'il n'avait "pas à s'occuper" des 47% d'Américains "qui pensent qu'ils sont des victimes" et voteront le 6 novembre pour le président sortant Barack Obama.

"Romney, croire en LA MOITIE de l'Amérique!", a aussitôt ironisé le parti démocrate, détournant le slogan républicain "Romney, croire en l'Amérique". Les 47% ont même poursuivi Romney jusqu'en Floride, un Etat décisif qu'il a sillonné comme Obama mercredi et jeudi, quand son rival démocrate a estimé que Romney "n'avait pas beaucoup voyagé".

Pour nombre d'observateurs, le candidat républicain s'est mis dans une mauvaise posture, à un moment où sa campagne souffrait déjà de sondages inquiétants et d'impairs de communication. Le prétendant à la Maison Blanche n'a participé à aucun rassemblement public en cinq jours entre vendredi et mercredi, sauf à des réunions pour lever des fonds. Et les journalistes familiers des élections américaines affirment n'avoir jamais vu de candidat rester aussi longtemps en retrait d'une campagne.

Pour autant, Romney reste sourd aux critiques tandis que ses conseillers assurent que la polémique sur la vidéo va bientôt se calmer. "L'élection est très serrée", martèle son principal conseiller, Kevin Madden. "Aucune élection ne s'est faite en septembre. Ca se décidera en novembre et nous nous focalisons sur cette échéance".

Romney a tenté de rebondir mercredi en s'en prenant à la culture de "dépendance" défendue selon lui par Barack Obama. Le candidat républicain n'a rien à perdre car il "parle de ces choses depuis longtemps déjà", font valoir ses conseillers. Les proches de Romney n'ont ressenti "aucune nervosité" quand un article a pointé dimanche l'étendue du désordre au sein de son propre camp.

Ou quand un éminent dirigeant de sa campagne Tim Pawlenty, ancien rival de Romney dans la course à l'investiture, a annoncé jeudi sa démission pour rejoindre un lobby bancaire. "On n'a eu que deux petites controverses ce mois-ci", minimisait un responsable de son équipe de campagne, pour qui la stratégie consiste à "se concentrer comme un laser sur l'économie", cheval de bataille de Romney.

Romney veut aussi convaincre les électeurs des Etats clés et va entamer à cet égard lundi une campagne de trois jours en bus dans l'Ohio (nord), sans lequel aucun républicain n'a pu accéder à la Maison Blanche. La tâche s'annonce rude car deux sondages donnent encore Obama gagnant dans l'Ohio, avec sept points d'avance sur son rival. Les trois débats d'octobre seront donc cruciaux.

Le républicain s'y est préparé pendant de longues heures ces dernières semaines et a participé à une vingtaine de débats pendant sa course à l'investiture, alors qu'Obama n'a pas participé à aucun débat depuis 2008. Certains républicains s'inquiètent aussi du fait que Romney ne parvienne pas à aiguiser son message et à le porter aux électeurs. "Il y a un sentiment grandissant maintenant parmi les républicains que ces choses lui échappent", écrivait en début de semaine Peggy Noonan, qui a écrit des discours pour l'ancien président républicain Ronald Reagan.

Vendredi, Mme Noonan enfonçait le clou en qualifiant la campagne des républicains de "calamité permanente". Après une réunion publique à Sarasota (Floride), un journaliste a demandé à Romney s'il allait faire campagne un peu plus vigoureusement. "Nous sommes en plein dedans, non ?", s'est contenté de répondre le candidat. Les propos d'un militant de 66 ans désireux que Romney remporte l'Ohio sonnent comme un avertissement: "On ne veut mettre une croix sur aucun Etat. On ne veut pas non plus mettre une croix sur 47% de la population".

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