Mobilisation contre les résultats des élections

(AFP) Publié le - Mis à jour le

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Plusieurs milliers d'Irakiens ont manifesté mardi contre les résultats annoncés des élections législatives du 15 décembre.

Pour tenter de répondre à ces revendications, la présidence irakienne a indiqué que le chef de l'Etat, Jalal Talabani, qui s'emploie à trouver une sortie de la crise née de la contestation de ces résultats, allait rencontrer mercredi le chef de la liste de chiites conservateurs, Abdel Aziz al Hakim, donnée gagnante des élections.

«Union islamique»

A Bagdad, entre cinq à dix mille personnes ont marché dans les rues du quartier Mansour, à l'appel de Maram, initiales arabes du Congrès du refus des élections falsifiées, pour dénoncer les résultats des élections. Commencée avec quelques centaines de personnes, la marche a vite gonflé et la foule a exhibé des banderoles sur lesquelles était écrit en arabe «Maram dit non à la Commission électorale», «Non à la division de l'Irak» et «Nous demandons de nouvelles élections».

«Pas de démocratie sans élections libres» et «Gouvernement et Commission électorale = falsification», pouvait-on également lire sur d'autres banderoles.

Ali Tamimi, porte-parole de Maram, formé de 42 mouvements contestant les résultats, a indiqué au début de la marche que ce «rassemblement (avait pour but) d'exprimer le refus du peuple des falsifications des résultats par la Commission électorale». «Nous demandons le changement de la Commission et de nouvelles élections qui soient honnêtes», a-t-il affirmé, alors que la foule scandait «Ni chiites, ni sunnites, union islamique», arborant des portraits de dirigeants comme Iyad Allaoui, ancien Premier ministre laïc, et de leaders sunnites.

La marche avec de nombreuses femmes, qui n'a pas connu d'incidents et a été animée par des fanfares, s'est déroulée sous de strictes mesures de sécurité. «Votre manifestation est un message adressé à toutes les parties pour qu'elles revoient les résultats et s'allient pour former un cabinet d'union nationale», a notamment déclaré à la foule Saleh Motlak, un leader sunnite.

Des centaines de personnes ont manifesté sur le même thème à Tikrit, fief du président déchu Saddam Hussein, à 180 km au nord de Bagdad, qui a connu comme la capitale des marches similaires vendredi dernier.

Mise en garde chiite

Ces protestations sont organisées en dépit des mises en garde de la liste des chiites conservateurs contre les risques de porter la contestation dans la rue et d'exercer ainsi des pressions sur la Commission électorale indépendante.

Au même moment, l'armée américaine a annoncé qu'un Marine avait été tué lundi lors d'une opération à l'ouest de Bagdad, ce qui porte à quatre le nombre de ses militaires morts pendant cette journée.

Les pertes de l'armée américaine et de civils assimilés militaires ont dépassé les 2160 depuis l'invasion de l'Irak en mars 2003, selon le Pentagone.

© La Libre Belgique 2005