International Malgré un taux d'abstention record, La République En marche a obtenu sa majorité présidentielle avec 350 sièges. Certes moins élevé que les premières estimations, le scrutin a néanmoins été marqué par un balayage de certaines grandes personnalités politiques. Sur les 7.882 candidats, 1.146 sont passés au second tour. Ce sont désormais 577 députés qui devront travailler ensemble. Fait notable : avec 223 députées, jamais l'Assemblée n'a été aussi féminisée.

Le chambardement des partis traditionnels

Les premières estimations visaient plus de 450 sièges. Il n'en est rien. La République En marche et le MoDem ont obtenu respectivement 308 et 42 sièges. Avec ses 350 députés, LRM et MoDem récoltent donc 60,65% des suffrages. La différence entre les estimations et les résultats définitifs sont à expliquer notamment par la très forte abstention.

La droite (Les Républicains et l'UDI) sont les grands gagnants de cette opposition avec 130 sièges obtenus.

Le Parti socialiste et ses alliés radicaux ont décroché 33 sièges. La France Insoumise, parti de Jean-Luc Mélenchon, et le PCF ont bénéficié de 27 sièges.

Le Front national a vu ses espoirs brisés, en ne devenant pas comme espéré premier parti d'opposition, avec seulement 8 sièges.

Au contraire, les Corses ont fêté une victoire historique en décrochant 3 sièges.


Les ministres élus de La République en Marche

Il y a un mois, les plus réticents prédisaient à Emmanuel Macron des difficultés à construire une majorté, avec des élus sans expérience. Retournement de situation. Aux deux tours, LRM remporte finalement un beau succès.

Selon Le Monde, les six ministres de La République En marche ont passé le cap, à savoir : Annick Girardin (ministre des Outre-mer), Bruno Le Maire (ministre de l'Economie), Christophe Castaner (ministre chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement), Richard Ferrand (ministre de la Cohésion des territoires), Mounir Mahjoubi (secrétaire d'Etat au numérique) et Marielle de Sarnez (ministre des Affaires européennes).

Le Front national, la déception de l'après-présidentielle

Marine Le Pen a en effet été élue mais son bras droit, Florian Philippot, n'a pas réussi à convaincre. Le compagnon de la présidente du FN, Louis Aliot, a également gagné son poste. Mais les huit députés ne seront toutefois pas assez pour former un groupe. A noter que ce chiffre reste le deuxième meilleur résultat depuis 1986 (35 sièges).

Gilbert Collard, député FN, l'a également emporté mais temporise « Nous ne devons pas crier victoire, le FN a pris un sacré coup dans la tête, il va falloir réfléchir très sérieusement au fonctionnement du mouvement », a déclaré l’avocat selon des propos recueillis par Le Monde.


Le Parti socialiste en ruine

De 284 sièges, le PS n'a pu en sauver que 34. Face à une telle défaite, certes attendue, le parti de gauche renvoie un nombre historiquement bas à l'assemblée. Parmi les rescapés, on peut compter Manuel Valls (de justesse) et Delphine Batho.

Mais le coup de glas a sonné sur les 20 heures, quand Jean-Christophe Cambadélis a officiellement annoncé sa démission du poste de premier secrétaire du PS. « Je prends cette décision sans amertume ni colère, conscient de mon devoir et du moment crucial que traverse la gauche. J’assume simplement, tranquillement, ma part de responsabilités. »

Ces résultats vécus comme une catastrophe au sein du parti, il semblerait que la gauche doive se réinventer. Il ne faut cependant pas tout de suite annoncer la fin du PS. En 1993, celui-ci avait déjà subi une défaite écrasante, bien que moindre que celle de ce 18 juin. Elle s'en est pourtant sortie revigorée quatre ans plus tard.


Une très forte abstention

Pour ce second tour, 47 millions d'électeurs étaient appelés à voter ce week-end lors du second tour des législatives. Avec 57,4% d'abstention, les Français se sont montrés peu convaincus par les politiques et ont, pour certains, préféré profiter des beaux rayons de soleil. Les plages étaient d'ailleurs remplies d'électeurs qui assumaient totalement leur "boycott" des bureaux de vote. Le désintérêt pour ces élections législatives est également l'une des raisons de ce record. Au premier tour, le taux d'abstention avait déjà atteint 51,29%, un premier chiffre record.

Mais une telle abstention montre également un signal d'alarme. Pour le journal La Croix, on est face à un "succès terni". « Les opposants au président de la République se sont, certes, démobilisés ces deux derniers dimanches, mais cela ne signifie pas qu’ils ont adopté sa vision pour la France, ni qu’ils sont prêts à entériner les transformations qu’il envisage » , rappelle Jean-Christophe Ploquin dans l’éditorial du quotidien catholique.

Après des mois chargés en campagne électorale, les Français se disent "lassés". D'ailleurs, le calendrier électoral pourrait être remis en question et revu afin de tenter une revalorisation de ces législatives. Anne Sinclair, rédactrice en chef du Huffington Post, parle même "d'interminable période de campagne électorale". Selon elle, "les Français vont enfin pouvoir passer à autre chose, et les macron boys and girls enfin travailler à réformer la France".


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