Mort de Kadhafi: les réactions à travers le monde

AFP et Belga Publié le - Mis à jour le

International L'UE salue "la fin d'une ère de despotisme"

Le président de l'UE Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont salué jeudi "la fin d'une ère de despotisme et de répression" en Libye après l'annonce par les autorités transitoires de la mort du leader déchu Mouammar Kadhafi.

Mouammar Kadhafi, en fuite depuis août, a été tué jeudi lors de la bataille de Syrte, sa région natale et son dernier bastion, dans l'est de la Libye, ont annoncé les nouvelles autorités . "Le décès annoncé de Mouammar Kadhafi marque la fin d'une ère de despotisme et de répression au cours de laquelle le peuple libyen a souffert pendant trop longtemps. Aujourd'hui, la Libye peut tourner une page de son histoire et embrasser un nouvel avenir démocratique", ont affirmé les deux dirigeants dans un communiqué commun.

MM. Van Rompuy et Barroso ont appelé le Conseil national de transition (CNT) à poursuivre "un processus de large réconciliation" entre tous les Libyens pour permettre une transition "démocratique, pacifique et transparente". La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton a affirmé quant à elle que "si la mort (du colonel Kadhafi) est confirmée, cela clôt une période tragique durant des années dans la vie des Libyens". "Après dix mois d'extraordinaires sacrifices, le peuple libyen peut dire avec fierté et confiance qu'il a renversé un régime qui le terrorisait et l'oppressait depuis plus de 40 ans", a-t-elle ajouté dans un communiqué. Elle a exhorté le nouveau régime à encourager désormais la "réconciliation nationale" et à "bâtir un avenir démocratique qui respecte les droits de l'Homme".

Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek a pour sa part salué "un grand jour pour la Libye et la démocratie".

Pour Chavez, Kadhafi est un "martyr" qui a été "assassiné"

Le président socialiste vénézuélien Hugo Chavez, soutien sans faille de l'ancien dirigeant libyen, a condamné jeudi l'"assassinat" de Mouammar Kadhafi, qu'il a qualifié de "martyr".

"Malheureusement, la mort de Kadhafi a été confirmée. Ils l'ont assassiné, (c'est) une violation supplémentaire de la vie", a commenté M. Chavez, au cours d'un déplacement dans l'Etat de Tachira (ouest). Pour le chef de l'Etat vénézuélien, l'ancien dirigeant libyen tué jeudi près de Syrte sera désormais reconnu comme "un martyr" et "un grand combattant".

Adepte de positions iconoclastes, Hugo Chavez n'a jamais varié dans son soutien à Mouammar Kadhafi depuis le début de l'intervention étrangère en Libye.

Leterme: "un tournant très important pour la Libye

La fin du régime du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui a été tué jeudi dans la région de Syrte, dans l'est du pays, selon les nouvelles autorités, représente "un tournant très important" pour la Libye, a affirmé jeudi le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme. Il a dit s'attendre à la fin prochaine de la résistance livrée par les partisans de l'ancien régime. S'il est encore en vie, le dirigeant déchu devrait comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye - qui a lancé contre lui, son fils Seif Al-Islam et son beau-frère Abdallah Al-Senoussi un mandat d'arrêt pour "crimes contre l'humanité" -, a affirmé M. Leterme à la VRT, en marge de la séance plénière de la Chambre.

Le chef du gouvernement a rappelé que le but de l'intervention occidentale en Libye - dirigée par l'Otan depuis le 31 mars sous le nom d'opération "Unified Protector" - n'avait pas pour but d'arrêter Kadhafi. Cette mission, à laquelle la Belgique participe activement, vise à protéger la population libyenne de la répression lancée par le régime Kadhafi après le début de l'insurrection, en février dernier.

La mort de Kadhafi va marquer "la fin du conflit", se réjouit l'Occident

Les pays occidentaux, notamment ceux impliqués dans l'intervention de l'Otan aux côtés des rebelles devenus nouveau régime, ont réagi avec enthousiasme jeudi à la "fin du conflit" que marque, selon eux, la mort annoncée de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Les réactions se faisaient en revanche attendre dans la région, toujours en proie aux suites des mouvements démocratiques du "printemps arabe". Seul l'ex-Premier ministre libanais Saad Hariri, leader de l'opposition anti-syrienne, y a vu un signe de "la fin inévitable de tous les tyrans".

La France, qui a été le fer de lance pour pousser, puis mener, l'intervention de l'Otan en Libye, a salué la "fin de 42 ans de tyrannie", se disant "fière" d'avoir aidé le peuple libyen. "Il s'agit d'un événement historique. C'est le début d'une ère nouvelle de démocratie, de liberté et de reconstruction du pays", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Pour le Premier ministre britannique David Cameron, dont le pays a lui aussi été à l'avant-garde sur le conflit libyen, "c'est un jour où il faut se souvenir des victimes de Kadhafi", étrangères comme libyennes. Il s'est lui aussi dit "fier du rôle joué" par son pays dans la chute du "dictateur brutal", dont la disparition "renforce les chances pour les Libyens de se forger un avenir fort et démocratique". "La guerre est finie" en Libye, a affirmé le chef du gouvernement italien - ancienne puissance coloniale de la Libye - Silvio Berlusconi, qui fut un proche allié de Kadhafi et initialement réticent à le lâcher au début du soulèvement. Pour son ministre de la Défense Ignazio La Russa, "fier de la participation" de l'Italie à l'opération de l'Otan, sans cette intervention "il y aurait eu des milliers et des milliers de morts en plus".

Aux Etats-Unis, qui après leur intervention directe dans le cadre de l'Alliance atlantique ont continué à apporter un important soutien logistique, l'administration Obama n'a pas immédiatement réagi, le département d'Etat se bornant à indiquer initialement ne pouvoir confirmer la mort de Kadhafi.

Le sénateur républicain John McCain, rival malheureux de Barack Obama à la présidentielle de 2008, a estimé pour sa part que la mort de Kadhafi constituait la fin de "la première phase de la révolution libyenne" et que le pays devait maintenant commencer sa reconstruction. "Les Libyens ont libéré leur pays," a-t-il insisté. "A l'évidence, ce jour marque une transition historique pour la Libye", a réagi de son côté le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Il a toutefois averti que "le chemin à parcourir pour la Libye et son peuple allait être difficile et pavé de défis".

Sur un plan plus personnel, les infirmières bulgares, qui ont passé plus de huit ans dans les prisons libyennes après avoir été condamnées à mort sous l'accusation d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants, ont elles aussi réagi, diversement, à cette mort. "La nouvelle m'a beaucoup réjouie. C'est un châtiment. Un chien comme lui méritait une mort de chien. Je me demande quand même si c'est bien lui", a déclaré à l'AFP Valia Tcherveniachka, une des infirmières. "Je suis vraiment satisfaite, je m'y attendais. Il a eu ce qu'il méritait", a renchéri Valentina Siropolou.

Mais leurs collègues Snejana Dimitrova et Kristiana Valtcheva se sont déclarées "indifférentes". Cette dernière aurait ainsi préféré qu'il soit "capturé vivant". Le porte-parole du ministère polonais Marcin Bosacki, a de son côté regretté que l'ancien dirigeant libyen "n'ait pas été jugé pour ses crimes par un tribunal en Libye ou à La Haye". "Son destin devrait constituer un avertissement pour d'autres dictateurs, dans la région et dans le monde", a-t-il relevé.

Mission du FMI en Libye "dans les semaines qui viennent"

Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué jeudi qu'il comptait envoyer "dans les semaines qui viennent" une mission en Libye destinée à creuser les moyens de venir en aide à ce pays. Cette équipe fera suite à une mission initiale d'évaluation de la situation sur place ayant eu lieu du 6 au 13 octobre, en coopération avec la Banque mondiale, a précisé un porte-parole du Fonds, Gerry Rice, lors d'une conférence de presse à Washington.

Ban Ki-moon: "transition historique" pour la Libye

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est réjoui jeudi de l'annonce de la mort du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi, y voyant "une transition historique pour la Libye". "A l'évidence, ce jour marque une transition historique pour la Libye", a-t-il dit, ajoutant cependant: "le chemin à parcourir pour la Libye et son peuple va être difficile et rempli de défis. Le moment est maintenant venu pour tous les Libyens de se rassembler". "Reconnaissons immédiatement que cela n'est que la fin du commencement", a encore indiqué le chef de l'ONU qui s'exprimait lors d'une conférence sur le développement durable. "Les combattants des deux bords doivent déposer leurs armes et se rassembler dans la paix. Le moment est venu de reconstruire et de cicatriser (les blessures), le moment est venu pour la générosité, pas pour la vengeance", a-t-il encore souligné.

De Crem: La Belgique a insisté pour priver Kadhafi de toute possibilité de fuite

La Belgique a insisté au cours des derniers jours de l'opération de l'OTAN en Libye pour que l'on ôte au dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi toute "route de fuite", a affirmé jeudi le ministre de la Défense Pieter De Crem à la suite de la mort du leader déchu. "On a insisté pour que toute possibilité d'échappatoire lui soit exclue", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse tenue à Bruxelles. "Donner une route de fuite à Kadhafi aurait été inacceptable pour nous (le gouvernement) et l'opinion publique", a ajouté M. De Crem, flanqué des principaux responsables de l'armée belge, visiblement satisfaits du rôle joué par la Belgique au sein de l'opération "Unified Protector" de l'OTAN depuis le début.

Hariri: la mort de Kadhafi, signe de la "fin inévitable de tous les tyrans"

La mort de Mouammar Kadhafi est un signe de "la fin inévitable de tous les tyrans", a affirmé jeudi l'ex-Premier ministre libanais Saad Hariri, leader de l'opposition anti-syrienne. Il a souhaité au peuple syrien de "vaincre la machine de l'oppression", en allusion au régime du président Bachar al-Assad qui mate dans le sang le mouvement de contestation dans son pays depuis mars. "La fin de Mouammar Kadhafi signifie la fin inévitable de tous les tyrans qui, face à la volonté de liberté et de démocratie de leurs peuples, tuent et oppriment", a indiqué dans un communiqué le bureau de presse de M. Hariri. "C'est une leçon claire aux régimes qui ont choisi l'oppression comme moyen de contrôler les peuples", a-t-il ajouté. "Tout citoyen arabe ne peut, en regardant les événements en Libye, que se tourner vers la révolte populaire en Syrie", a précisé M. Hariri, estimant que "le peuple syrien (...) méritait le prix de la liberté et de la démocratie après les longues épisodes d'oppression".

Il a souhaité au peuple syrien "de vaincre la machine d'oppression". M. Hariri est le chef de l'opposition pro-occidentale critique du régime syrien et de ses alliés au Liban, notamment le Hezbollah chiite prosyrien et iranien, dont le camp domine le gouvernement actuel.

Le leader déchu libyen Mouammar Kadhafi, qui était en fuite depuis août, a été tué jeudi à Syrte, sa région natale dans l'est du pays et dernier bastion tombé jeudi aux mains des ex-rebelles.

La Belgique se réjouit de la libération de Syrte

Le premier ministre Yves Leterme, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere, le ministre de la Défense Pieter De Crem et le ministre de la Coopération au Développement Olivier Chastel se sont "réjouis" jeudi dans un communiqué de la "libération de la ville de Syrte" et ont "pris connaissance du décès du colonel Kadhafi". La population libyenne peut aujourd'hui franchir une nouvelle étape déterminante sur la voie d'une Libye "stable et libre, fondée sur l'Etat de droit, le respect des droits de l'homme, un processus politique inclusif et une politique économique durable", selon les termes du communiqué.

Fort du "très large soutien du parlement", notre pays a joué un rôle "actif" dans l'opération Unified Protector, axée sur la protection de la population civile en Libye, a rappelé le gouvernement.

Les efforts de la communauté internationale doivent désormais se concentrer sur la "reconstruction du pays" qui a énormément souffert de ce long conflit. La Belgique tient dès lors à apporter sa contribution, en concertation avec l'Union européenne et les Nations Unies, et a d'ores et déjà libéré six millions d'euros à cet effet, toujours selon le communiqué.

Des Libyens célèbrent l'évènement à Tunis

Des centaines de Libyens ont manifesté leur joie devant l'ambassade de Libye à Tunis après l'annonce de la mort du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi, après huit mois d'un conflit qui a poussé des centaines de milliers de Libyens à trouver refuge dans la Tunisie voisine. "Le tyran a été tué", "le sang des martyrs n'a pas coulé pour rien", "l'arroseur arrosé", scandaient des Libyens, entourés de Tunisiens, devant la porte de l'ambassade où a été affichée la première photo d'un Kadhafi mourant prise au moment de sa capture. Enroulés dans des drapeaux de la révolution libyenne, les manifestants en liesse, dansaient et criaient leur joie, salués par des concerts de klaxon des voitures alentour.

Sur la grande avenue Bourguiba, des passants ont spontanément entonné le chant de la révolution tunisienne: "C'est beau de s'assoir au bord de la rivière, comme ce printemps est beau, comme la révolution est belle, qui rassemble tout le monde". "C'est une grande joie! C'est une victoire qui va apaiser la douleur des familles des martyrs", a lancé Salima Ali Mohamed, 65 ans. "J'ai hâte de rentrer chez moi", a-t-elle ajouté. "On a attendu ce jour avec impatience et maintenant c'est possible de rêver d'une nouvelle Libye libre, démocratique et où tous les citoyens, main dans la main, vont contribuer avec fierté à la construction de leur pays", a renchéri Youssef Ben Youssef, 46 ans.

L'annonce de la capture de Kadhafi, avant même celle de sa mort par les nouvelles autorités libyennes, avait déjà été accueillie avec beaucoup de joie par les Tunisiens.

Des membres de l'Isie (la commission indépendante chargée d'organiser les élections du 23 octobre) ont même interrompu une conférence de presse à Tunis pour annoncer la "bonne nouvelle", qui a été très applaudie par l'assistance. En fuite depuis août, Kadhafi a été tué par des révolutionnaires jeudi lors de la bataille de Syrte, sa région natale et son dernier bastion, selon les nouvelles autorités.

Obama salue la fin d'un chapitre "douloureux"

Le président des Etats-Unis Barack Obama a affirmé jeudi que la mort du dirigeant déchu Mouammar Kadhafi marquait "la fin d'un chapitre long et douloureux" pour les Libyens, et appelé les nouvelles autorités de Tripoli à bâtir un pays "démocratique" et "tolérant". "Aujourd'hui, le gouvernement de Libye a annoncé la mort de Mouammar Kadhafi. Cela marque la fin d'un chapitre long et douloureux pour les habitants de Libye qui ont désormais une chance de pouvoir déterminer leur propre destin dans une Libye nouvelle et démocratique", a déclaré M. Obama lors d'une courte allocution dans la roseraie de la Maison Blanche.

L'Egypte espère qu'une "nouvelle page" s'ouvre pour la Libye

Le gouvernement égyptien a exprimé l'espoir que la mort du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi tué jeudi dans le dernier assaut contre sa région d'origine Syrte ouvre "une nouvelle page" dans l'histoire de la Libye. L'Egypte "espère que le peuple libyen ouvrira une nouvelle page et reconstruira son pays après la mort du colonel Mouammar Kadhafi", a indiqué un communiqué du gouvernement, ajoutant qu'il était "prêt à aider à la reconstruction de ce pays".

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