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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit qu'il n'était "pas impressionné" par les déclarations des pays musulmans, qui ont appelé mercredi à reconnaître Jérusalem-Est capitale d'un Etat palestinien, lors de la réunion de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI) à Istanbul.

"Toutes ces déclarations ne nous impressionnent pas", a dit M. Netanyahu dans un discours prononcé après l'appel lancé par les pays musulmans à la communauté internationale à déclarer Jérusalem-Est capitale d'un Etat palestinien, en réponse à la décision américaine de considérer la ville sainte comme la capitale d'Israël.

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a pour sa part qualifié de "déclarations provocatrices" le communiqué final de l'OCI sur Jérusalem.

"Les Palestiniens feraient mieux de reconnaître la réalité et d'agir en faveur de la paix, et non de l'extrémisme", a ajouté le Premier ministre.

"Ils devraient reconnaître un fait supplémentaire à propos de Jérusalem: ce n'est pas seulement la capitale d'Israël, mais nous faisons aussi respecter à Jérusalem la liberté de culte pour toutes les religions et nous sommes ceux au Moyen-Orient qui le faisons comme personne d'autre", a-t-il ajouté.

"En fin de compte, la vérité l'emportera et de nombreux autres pays reconnaîtront Jérusalem comme la capitale d'Israël et y transféreront eux à leur tour leur ambassade", a-t-il prédit.


Des agents infiltrés israéliens dispersent une manifestation en Cisjordanie

Des agents des forces de sécurité israéliennes infiltrés parmi des lanceurs de pierres palestiniens ont abruptement dispersé mercredi en Cisjordanie occupée une manifestation contre la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël. Quelques dizaines de Palestiniens lançaient des pierres sur des soldats israéliens à l'avant d'un rassemblement d'environ 150 personnes, en vue du check-point de Bet El, près de Ramallah, quand une grenade anti-émeutes a explosé et une poignée d'hommes qui semblaient compter parmi les manifestants ont sorti des pistolets et tiré en l'air, selon de rares images d'un vidéaste de l'AFP.


Des soldats israéliens qui se tenaient à distance ont alors chargé en courant et à bord de véhicules kaki, mettant les protestataires en fuite. Les images du vidéaste et d'un photographe de l'AFP montrent l'interpellation de trois Palestiniens.

Portant le traditionnel keffieh palestinien, la cagoule et même, pour au moins l'un d'eux, un drapeau palestinien autour du front, les agents infiltrés étaient indiscernables parmi les manifestants.

Les forces israéliennes ont recours à ces agents connus sous le nom de "Moustaaribine" (littéralement "ceux qui se déguisent en Arabes") pour mettre la main sur des agitateurs lors de manifestations en Cisjordanie ou à Jérusalem.

Ils sont juifs, Arabes israéliens, Druzes ou bédouins, parlent arabe comme les Palestiniens et leur ressemblent physiquement. Ils se fondent dans la foule jusqu'à jeter eux-mêmes des pierres sur les soldats.

Trois Palestiniens ont été blessés lors des heurts au checkpoint de Bet El, ont indiqué des sources médicales.

Depuis l'annonce le 6 décembre du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, des manifestations --relativement limitées dans l'ensemble-- ont quotidiennement lieu dans les Territoires palestiniens.

A Hébron (sud de la Cisjordanie), des centaines de Palestiniens ont lancé des pierres mercredi sur les soldats israéliens, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, de balles en caoutchouc et de balles réelles.

Huit personnes ont été blessées par des projectiles en caoutchouc et deux par balles réelles, ont indiqué les secours.

Les manifestants ont notamment brûlé un cochon factice au visage de M. Trump et une croix gammée sur l'arrière-train.

Environ 3.000 personnes ont par ailleurs manifesté mercredi à Naplouse (nord de la Cisjordanie) sous des banderoles proclamant "Jérusalem est arabe et la capitale de l'Etat palestinien". Des affrontements ont ensuite mis aux prises Palestiniens et soldats israéliens au sud de la ville.

La communauté internationale n'a jamais reconnu Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu et considère que son statut doit être négocié.