Nicolas Sarkozy annonce sa candidature à l'élection présidentielle

AFP Publié le - Mis à jour le

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International Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi sa candidature à la présidentielle d'avril et mai prochains, promettant une "France forte" et des mesures très marquées à droite pour battre son adversaire et favori des sondages, François Hollande.

Des mois durant, le président avait évité la question, tout en distillant les allusions à sa candidature. Mais mercredi soir, quelques mots auront donc suffi. "Oui, je suis candidat à l'élection présidentielle", a déclaré le président sortant, élu en 2007, et qui brigue ainsi un second mandat de cinq ans. Auparavant, tout dernier réglage avant l'annonce de sa candidature: l'ouverture d'un compte Twitter pour annoncer qu'il s'invitait dans les foyers français via le journal télévisé le plus regardé de France sur TF1.

L'entrée en lice du président sortant, en campagne de fait depuis des semaines à chacune de ses sorties publiques où il s'efforce de décrédibiliser le programme de la gauche, était un secret de polichinelle. Sans surprise, le camp de François Hollande l'a minimisée par avance. Le chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault a jugé que cette annonce relève de "la mise en scène d'un non événement".

"Chacun savait déjà qu'il était candidat", avait dit mardi François Hollande. "Cela ne change rien à ma propre campagne", a assuré le candidat socialiste qui devait tenir en fin d'après-midi son deuxième grand meeting à Rouen (nord-ouest), sa ville natale.

Mais les partisans du président veulent croire que cela marquera une véritable relance, à un peu plus de deux mois du premier tour le 22 avril. "Nous y sommes, la vraie campagne va commencer. Tout va changer avec l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, on va voir projet contre projet", a assuré le chef de la diplomatie française Alain Juppé mercredi. Dans la foulée de son annonce télévisée, Nicolas Sarkozy fera d'ailleurs sa première sortie de prétendant dès jeudi à Annecy (centre-est), où une réunion publique est programmée, avant un premier grand meeting de campagne dimanche à Marseille (sud-est).

Il promet de multiplier les propositions chaque jour pour donner le rythme de la campagne et imposer ses thèmes, très à droite. Plombé par son bilan économique et social (avec un taux de chômage au plus haut depuis 12 ans, à près de 10%) en dépit d'une croissance meilleure que prévu au dernier trimestre 2011 (+0,2% au lieu des -0,2% attendus), le président cherche à déplacer le débat sur le terrain des sujets de société.

Lors d'une longue interview intitulée "mes valeurs pour la France", Nicolas Sarkozy a donné le ton de sa ligne politique: opposition au droit de vote des étrangers hors Union européenne, refus du mariage homosexuel, appel aux valeurs du travail, de la famille.

Et il propose de recourir au référendum pour renforcer les obligations des chômeurs ou faciliter l'expulsion des immigrés en situation irrégulière. "Ce sera le combat entre la France du peuple, la France du travail et celle des élites", a-t-il annoncé à ses proches, cités par le journal Le Canard enchaîné mercredi.

L'objectif est de chasser sur les terres de la candidate du Front national (extrême-droite), Marine Le Pen, qui reste à un haut niveau d'intentions de vote (de 15 à 19%). Au risque d'élargir au centre l'espace de François Bayrou, crédité de 12 à 14% d'intentions de vote, qui a appelé les "humanistes" de la majorité présidentielle à le rejoindre.

Mais pour l'instant ni Marine Le Pen ni François Bayrou ne semblent en mesure de troubler le match annoncé Hollande-Sarkozy.

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