International Le nouveau Premier ministre espère convaincre les Arméniens de l’étranger de revenir au pays. Rencontre.

"Toutes les révolutions se confrontent à un choix à un moment donné : consolider les acquis ou poursuivre la lutte. J’ai déjà écrit que j’aurais suivi Che Guevara jusqu’à la prise de La Havane, mais pas forcément jusqu’en Bolivie…" Nikol Pashinian, 43 ans, a l’air d’assumer clairement sa position. Engoncé dans un costume-cravate, il trône sur son fauteuil de Premier ministre dans un salon doré du palais du gouvernement d’Arménie. A tendre l’oreille pour écouter sa voix basse, il est difficile de se rappeler qu’il haranguait encore il y a peu les foules, mégaphone en main et sac à dos rivé aux épaules. "Mais ce que nous faisons ici, c’est aussi la continuation de la révolution."