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L’ancien ministre français de l’Economie Dominique Strauss-Kahn a bénéficié mardi soir d’un non-lieu dans l’un des volets de l’affaire Elf, le groupe pétrolier français lié à un vaste scandale politico-financier, a-t-on appris de source judiciaire.

La juge d’instruction Eva Joly a rendu une ordonnance de non-lieu, suivant les réquisitions du parquet.

M. Strauss-Kahn, 52 ans, était soupçonné d’avoir fait prendre en charge par Elf une partie des rémunérations de sa secrétaire particulière Evelyne Duval sans contrepartie réelle pour le groupe.

A ce titre, il avait été mis en examen (inculpé) en janvier 2000 pour «complicité par instruction donnée et recel d’abus de biens sociaux ».

Employée à partir du printemps 1993 et jusqu’en juin 1997 par le Cercle de l’industrie, association de lobbying dont M. Strauss-Kahn est l’un des co-fondateurs, Mme Duval a notamment été rémunérée, à hauteur d’environ 28.970 euros (190.000 FF), par Elf Aquitaine International (EAI), filiale suisse du groupe pétrolier.

Comme le parquet, Mme Joly a estimé que le versement en 1993, par le groupe Elf, d’une subvention au Cercle de l’industrie auquel il n’appartenait pas encore, constituait une avance du groupe pétrolier et n’était pas contraire à l’objet social de l’entreprise.

Par ailleurs, M. Strauss-Kahn, aujourd’hui député du Val-d’Oise (nord de Paris), est également cité dans le cadre d’un autre scandale politico-financier, l’un des volets de l’affaire MNEF, une mutuelle étudiante.

Cette accusation avait motivé sa démission du gouvernement de Lionel Jospin en novembre 1999. L’avenir politique de M. Strauss-Kahn, un proche du Premier ministre Lionel Jospin, dépend en grande partie de l’issue de ce procès.

Accusé d’avoir produit des faux documents pour justifier son rôle d’apporteur d’affaires auprès de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF), il risque jusqu’à trois ans de prison et une peine d’inéligibilité et une amende de 45.734 euros (300.000 FF).

L’ex-ministre a reconnu mardi devant le tribunal correctionnel de Paris avoir commis une «erreur » de date dans les documents qu’il a fournis à la justice, tout en niant toute volonté de mentir.

L’un des documents est une facture datée de 1994, alors qu’elle a été rédigée en 1995. L’ancien ministre, poursuivi pour «faux et usage de faux », a expliqué avoir en réalité modifié une facture de 1994, en omettant de remettre la date exacte.