International Gérard Collomb, futur ex-ministre de l'Intérieur, a bel et bien changé son fusil d'épaule. Auparavant, il faisait d'Emmanuel Macron son champion. Désormais, le président français est la cible de ses critiques.

C'est lors d'une interview à L'Express que le ministre a annoncé, à la grande surprise générale, qu'il allait rendre sa démission au ministère de l'Intérieur lors de l'année 2019 afin de briguer la mairie de Lyon pour les municipales de 2020.

Quelques jours plus tard, lors d'un déjeuner avec plusieurs journalistes, l'ancien grand soutien du président déclarait : "Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début: Ferrand, Castaner, Griveaux et moi... D'ailleurs, il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s'isoler, car par nature l'Élysée isole".

Gérard Collomb pointe la relation dangereuse du chef d'Etat avec le pouvoir et son langage "choc" qui divise: "Les provinciaux, et j'en suis, ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête et les snobent, or des expressions comme "la nouvelle grammaire de la politique" ou la “start-up nation”, ils ne s'y reconnaissent pas..."

D'après Le Figaro, des proches de Gérard Collomb ne comprennent pas ce comportement critique à l'égard du locataire de l'Elysée. "Cela fait quelques temps qu'il tape comme un malade sur Emmanuel Macron. Je ne sais pas à quoi il joue mais il se fragilise", regrette un intime.

Le ministère de l'Intérieur a, quant à lui, indiqué ne pas avoir "l'habitude de commenter des propos rapportés, non tenus publiquement", a indiqué l'AFP. "Gérard Collomb n'a jamais cessé d'être loyal au président, tout en faisant preuve avec lui en privé d'une franchise qui a toujours caractérisé leur relation", a ainsi relevé le ministère.