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Donald Trump se souviendra longtemps de ce mardi 21 août. C'est en effet lors de ce "jour noir" que Paul Manafort, son ex-directeur de campagne, a été condamné pour fraude fiscale et que Michael Cohen, son ex-avocat, a choisi de plaider coupable pour fraude fiscale et pour "infraction à la législation électorale à la demande de Donald Trump". Et le président ne semble pas être au bout de ses peines puisque ce sont maintenant deux autres de ses proches qui ont pris la décision de coopérer avec la justice.

David Pecker, le patron du groupe qui publie le tabloïd américain National Enquirer, et l'un de ses bras droits, Dylan Howard, ont accepté, en échange d'une immunité, de coopérer avec les enquêteurs dans l'affaire des paiements versés à deux maîtresses présumées de Donald Trump pour acheter leur silence, selon des médias américains.

Pour rappel, Michael Cohen, l'ancien avocat du président, avait affirmé mardi sous serment avoir acheté, à la demande du milliardaire, le silence de deux maîtresses présumées de ce dernier afin de ne pas compromettre sa campagne présidentielle victorieuse de 2016. Il avait reconnu avoir versé 130.000 et 150.000 dollars à l'actrice porno Stormy Daniels et à Karen McDougal en échange de leur silence. Si Donald Trump affirme que ces paiements n'étaient "pas une infraction" car "ils ne venaient pas de l'équipe de campagne", il n'empêche que les procureurs fédéraux cherchent activement à faire toute la lumière sur cette affaire.

Des secrets plus si bien gardés

Mais que vient faire le National Enquirer dans toute cette histoire ? Vous vous souvenez de cet enregistrement audio diffusé fin juillet où l'on entendait une conversation privée entre Donald Trump et Michael Cohen? Dans cette bande (enregistrée à l'insu de Trump en septembre 2016, soit deux mois avant l'élection présidentielle), on entendait l'avocat proposer à Donald Trump de créer une société pour pouvoir racheter les droits d'une interview donnée par Karen McDougal au... National Enquirer. Dans cette interview-confession, l'ex-Playmate expliquait les dessous de son aventure présumée avec Trump. Selon elle, elle daterait de 2006, soit peu après que Melania donne naissance à leur fils Barron. 

Le National Enquirer avait accepté de payer 150.000 dollars à la jeune femme pour avoir l'exclusivité de cette histoire qui n'a finalement jamais été publiée. Il n'empêche que la transcription de ces confidences existe bel et bien et qu'elle aurait été placée dans un coffre-fort par David Pecker, comme d'autres documents compromettants sur Donald Trump. Si, jusque-là, ils étaient en sécurité, il y a fort à parier qu'ils ne resteront plus secrets très longtemps puisque David Pecker a choisi de "lâcher" le président et d'expliquer en détails son implication dans l'affaire.

Des paiements qui pourraient transgresser les lois fédérales

Les procureurs fédéraux devront déterminer si ces paiements violent les lois sur le financement des campagnes électorales. Comme l'explique Ouest-France, ces lois fédérales exigent que toute contribution financière à une campagne électorale soit rendue publique. Ces contributions sont définies comme "les biens de valeur fournis à une équipe de campagne pour influencer une élection". Etant donné que le but de ces versements était d'étouffer une affaire qui aurait pu mettre en péril la victoire de Donald Trump, les enquêteurs considèrent qu'il pourrait s'agir d'une contribution de campagne... et que ces montants auraient dû être déclarés par le candidat.