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Les Etats-Unis et les pays européens sont "encore très loin d'un compromis" sur un nouvel accord avec l'Iran après le retrait américain de l'accord nucléaire de 2015, a affirmé mercredi à Washington le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

"Nous sommes encore très loin d'un compromis, nous suivons deux routes très différentes", a déclaré M. Maas à la presse à l'issue d'un entretien avec le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.

M. Pompeo a présenté lundi la "nouvelle stratégie" des Etats-Unis après la décision très contestée de Donald Trump de se retirer unilatéralement de l'accord sur le nucléaire iranien, signé en juillet 2015 entre l'Iran et les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne).

Le texte prévoit la limitation du programme nucléaire iranien, soupçonné d'avoir eu un volet militaire, en échange de la levée des sanctions internationales imposées depuis une décennie. Téhéran a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique.

Le secrétaire d'Etat américain a menacé l'Iran des sanctions "les plus fortes de l'Histoire" si Téhéran refusait un "nouvel accord", qui comporterait des mesures beaucoup plus draconiennes sur le volet nucléaire, la fin de la prolifération balistique et de l'implication iranienne dans les conflits au Moyen-Orient.

Le retrait américain a suscité la colère des Européens, qui avaient tenté, en vain, de négocier avec Washington des solutions pour "durcir" l'accord de 2015 et s'attaquer aux autres comportements iraniens jugés "déstabilisateurs" dans la région.

M. Maas a souligné la "grande solidarité" des pays européens signataires de l'accord et de l'Union européenne pour continuer à appliquer l'accord de 2015 tout en poursuivant les négociations avec la République islamique sur un texte élargi.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a mis en garde contre la réinstauration des sanctions américaines qui vont favoriser les milieux conservateurs iraniens au détriment des modérés comme le président Hassan Rohani, et risquer de "mettre davantage en danger" le Moyen-Orient.