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Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qui avait reporté un voyage prévu début janvier à Téhéran en raison de manifestations contre le pouvoir iranien, s'y rendra le 5 mars, a-t-il annoncé dans une interview au quotidien Le Figaro à paraître lundi.

"Nous avons engagé un dialogue avec l'Iran sur le sujet balistique et les questions régionales. Comme nous voulons évoquer son influence militaire déstabilisatrice au Moyen-Orient, son soutien financier au Hezbollah libanais et aux milices houthies au Yémen", a-t-il dit au quotidien français.

"Voilà pourquoi (..) je me rendrai en Iran le 5 mars. Je tiendrai cette ligne de franchise comme je l'ai toujours fait depuis mai dernier avec mon homologue Javad Zarif", a ajouté le chef de la diplomatie française, en référence à l'élection du président Emmanuel Macron en mai 2017.

Le président français avait dit le 2 janvier sa "préoccupation" face "au nombre de victimes liées aux manifestations" en Iran, et annoncé un report de la visite de son ministre des Affaires étrangères, prévue les 5 et 6 janvier à Téhéran.

Vingt-cinq personnes ont été tuées dans les troubles qui ont touché plusieurs dizaines de villes iraniennes à la fin décembre et au début janvier, selon un bilan officiel rendu public à la mi-janvier.

La question du nucléaire iranien est depuis revenue sur le devant de la scène, le président américain Donald Trump ayant fixé le 12 janvier un ultimatum de quatre mois aux Européens pour "remédier aux terribles lacunes" de l'accord conclu en janvier 2015 avec Téhéran.

Les Européens défendent l'accord bec et ongles, jugeant que toute remise en cause constituerait une violation du texte alors que Téhéran respecte ses engagements, et nourrirait la prolifération au rique d'embraser le Moyen-Orient.

Mais ils proposent de mieux encadrer le programme balistique de l'Iran et ses activités dans la région, qualifiées d'"hégémoniques" ces derniers mois par le chef de la diplomatie française.

"Si l'Iran veut revenir dans le concert des Nations, il doit coopérer sur ces questions. Faute de quoi il sera toujours et avec raison soupçonné de vouloir développer l'arme nucléaire", a souligné Jean-Yves Le Drian dans Le Figaro.