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Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a exhorté dimanche les Européens à annoncer "rapidement" leur décision pour garantir la survie de l'accord sur le nucléaire, en prévenant que le temps de la discussion arrivait "à son terme".

Les pays européens qui sont parties prenantes de l'accord de 2015 visant à empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique tentent de sauver ce texte, grandement fragilisé par le retrait américain annoncé le mois dernier par le président Donald Trump.

Ils doivent notamment répondre à une série de conditions posées par la République islamique pour rester dans l'accord en l'absence de Washington.

"Il doit être clair que les dirigeants iraniens ne vont pas se contenter des promesses sans fin de l'Europe", a dit M. Larijani dans une adresse au Parlement diffusée à la télévision.

"Le temps des négociations arrive à son terme et l'Europe doit dire si elle est capable de préserver l'accord sur le nucléaire. Elle doit se prononcer explicitement et rapidement, car dans le cas contraire, l'Iran va passer aux étapes suivantes, sur le nucléaire et sur d'autres questions", a-t-il ajouté.

Depuis que les États-Unis se sont retirés de l'accord international de Vienne, la Chine, la Russie et l'UE proclament leur intention de sauver le texte, en essayant de convaincre Téhéran de continuer à y adhérer.

Mais la réimposition de sanctions américaines contre l'Iran commence à faire fuir les investisseurs étrangers, y compris européens. Or la contrepartie de l'accord pour l'Iran était de voir les sanctions internationales levées avec la perspective de nouveaux investissements.

La République islamique, qui attend beaucoup des retombées économiques de l'accord, a déjà averti qu'elle pourrait s'en retirer si elle n'y trouve plus son compte, et a exigé des Européens une série de "garanties".

L'Iran "ne peut pas attendre indéfiniment", avait déjà prévenu vendredi la vice-présidente Masoumeh Ebtekar, lors d'un déplacement à Vilnius.

Trois jours après une annonce en ce sens, elle a confirmé que des "travaux préparatoires" à la reprise de l'enrichissement d'uranium étaient en cours au cas où l'accord deviendrait caduc.

Téhéran est accusé par ses détracteurs, au premier rang desquels Israël et l'administration Trump, de chercher à se doter de l'arme nucléaire. La République islamique dément de longue date, assurant que son programme est uniquement civil. L'Agence internationale de l'énergie nucléaire (AIEA) a certifié à plusieurs reprises que Téhéran respectait l'accord.