Obama, 51 ans, cherche donateurs

Ch.Ly. Publié le - Mis à jour le

International

A moins de cent jours des élections présidentielles américaines du 6 novembre, le parti démocrate multiplie les appels pour financer la campagne du président Barack Obama. Jusqu’aux dernières heures du 31 juillet, ses sympathisants ont reçu des emails les appelant à donner trois dollars ou plus. "Au cours des deux derniers mois", affirme "Barack", dans l’un des messages concoctés par son service de communication, "nous avons été dépassés par nos adversaires. Ils ont profité de cet avantage pour déformer la vérité et tromper les gens, sans arrêt, à la TV et à la radio dans les Etats clés".

Au mois de mai et de juin, en effet, les démocrates ont récolté moins d’argent que les républicains pour leur candidat Mitt Romney. En juin, le camp Obama avait levé 71 millions de dollars auprès de plus de 706000 personnes, mais le camp républicain avait récolté 106 millions.

L’équipe d’Obama est coutumière de ce genre de sollicitations. Fin juillet, l’heureux gagnant d’un tirage au sort se voyait offrir l’accès pour deux personnes à l’une des fêtes d’anniversaire du président, qui aura lieu dans leur maison familiale à Chicago. M.Obama doit fêter son 51e anniversaire ce samedi 4 août.

Dans un message faussement privé à ses supporters, Michelle Obama promet d’y taquiner son mari "sur tous ses nouveaux cheveux gris" ajoutant qu’il est "honnête de dire qu’il a gagné chacun d’entre eux".

En 2011, Barack Obama avait récolté 3,6 millions de dollars en participant, en un peu plus de trois heures, à trois célébrations d’anniversaire à Chicago : une conférence vidéo, un concert avec 1700 sympathisants et un "dîner privé" avec une centaine de personnes.

La tactique n’est pas nouvelle, mais elle montre l’inquiétude du staff démocrate face aux frais de la campagne électorale. Les frais de publicité à la télévision, notamment, pèsent dans le budget des deux candidats.

Pourtant, selon le site OpenSecrets, qui traque les dons au monde politique américain, le président démocrate supplante son rival dans les dépenses de campagne. Obama aurait dépensé déjà 204 millions de dollars contre 131 millions à Romney.

Pour les deux camps, c’est maintenant que se constitue le trésor de guerre. "Dans les quatre mois, vous devez faire un choix. Ce n’est pas entre deux partis, ni même entre deux personnes. C’est un choix entre deux plans très différents pour notre pays", insiste Barack Obama.

Selon le "Center for Responsive Politics", qui gère le site OpenSecrets, la campagne 2012 devrait coûter au final près de 5,8 milliards de dollars, dont 2,5 milliards pour le seul scrutin présidentiel. Le 6 novembre en effet auront aussi lieu les législatives, avec le renouvellement d’un tiers du Sénat et de l’ensemble de la Chambre des représentants sans compter sur l’élection de onze gouverneurs.

Les milieux d’affaires représentent les principaux donateurs (77 %) et ce sont les secteurs de la finance, de l’assurance et de l’immobilier qui sont les plus généreux.

Si Obama peut compter sur Microsoft, son principal contributeur à cette date, l’homme qui a fondé en 1984 la société d’investissement Bain Capital, Mitt Romney, draine le soutien de trois banques (Goldman Sachs, JP Morgan et Morgan Stanley) aux plus hautes marches du podium.

Les déclarations des revenus des deux candidats, obligatoires aux Etats-Unis, en disent long sur le pedigree des deux rivaux. En mai dernier, Barack Obama déclarait un compte chez JP Morgan disposant d’un montant situé entre 500000 et un million de dollars ainsi que de nombreux bons du Trésor américain. Mitt Romney, de son côté, affichait en juin des centaines de millions de dollars en obligations, actions, valeurs immobilières, hedge funds et fonds liés à Bain Capital.

Au-delà de cet étalage se joue aussi la bataille sur l’économie. Les deux candidats se reprochent mutuellement d’avoir délocalisé l’emploi aux Etats-Unis. Romney est accusé par le camp démocrate d’avoir continué à gérer Bain Capital au moment où celle-ci procédait à des suppressions d’emploi dans des sociétés qu’elle avait achetées - ce que le candidat républicain dément catégoriquement. Obama est lui accusé de mentir par le camp républicain et de n’avoir rien fait en 2010 pour empêcher les grandes sociétés américaines d’engager plus à l’étranger que sur le sol américain.

Selon un sondage publié mercredi par l’université de Quinnipiac, Barack Obama l’emporterait dans trois Etats clés en novembre, mais de peu : avec 53 % des voix en Pennsylvanie, 51 % en Floride et 50 % dans l’Ohio.

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