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L'ancien président américain Barack Obama est sorti de son silence lundi, dix jours après son départ du pouvoir, pour encourager les Américains à manifester en défense de la démocratie, dans un communiqué publié par un porte-parole.

Alors que des manifestations contestent la politique de Donald Trump, notamment son décret sur l'immigration, un porte-parole de Barack Obama, Kevin Lewis, a rejeté toute comparaison avec la politique étrangère du démocrate et déclaré: "le président est en désaccord fondamental avec la notion de discriminer des individus en raison de leur croyance ou de leur religion".


La Maison Blanche lance un ultimatum aux diplomates américains dissidents

La Maison Blanche a lancé lundi un ultimatum aux diplomates américains qui ont protesté officiellement contre le décret pris par le président Donald Trump suspendant l'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays musulmans. "Soit ils acceptent le programme, soit ils s'en vont", a déclaré Sean Sicer, porte-parole de l'exécutif américain.


Les employés de l'ONU assurés de pouvoir entrer aux Etats-Unis

Washington a assuré les Nations unies que leurs employés pourraient continuer à entrer aux Etats-Unis même s'ils viennent des sept pays à majorité musulmane affectés par le nouveau décret migratoire du président Donald Trump, a indiqué le porte-parole de l'ONU lundi.

Après avoir dans un premier temps affirmé à la presse qu'une poignée d'employés de l'ONU n'avaient pas pu embarquer à destination des Etats-Unis au cours du week-end, le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a précisé n'avoir recensé aucun cas confirmé de personnel affecté par le décret américain.

Donald Trump a suspendu vendredi par décret l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Yémen, Somalie, Soudan, Syrie et Libye) et de tous les réfugiés, le temps de revoir les critères d'octroi de visas.

Des employés de l'ONU originaires des pays concernés sont détenteurs de visas américains G4, attribués au personnel travaillant pour des organismes internationaux et qui ne sont en principe pas concernés par le nouveau décret. "Nous avons été assurés par la mission américaine (auprès des Nations unies) que les employés de l'ONU venant des sept pays concernés, détenteurs de visas G4 valides, seront autorisés à entrer aux Etats-Unis pour leur travail", a déclaré Stéphane Dujarric. Le siège de l'ONU est à New York. "Nous avons bien entendu vu la confusion de ces derniers jours et il est évident que cela nous préoccupe", a ajouté Stéphane Dujarric.

De son côté, le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, le Jordanien Zeid Ra'ad Al Hussein, a dénoncé le décret comme étant contraire aux droits de l'homme.


Le décret anti-immigration de Trump contesté en justice sur sa constitutionnalité

Le ministre de la Justice de l'Etat de Washington (nord-ouest) a déposé lundi une plainte demandant l'arrêt immédiat de l'application du décret sur l'immigration de Donald Trump, qu'il considère contraire à la Constitution. "Personne n'est au-dessus de la loi, pas même le président", a déclaré le ministre démocrate Bob Ferguson lors d'une conférence de presse. "Et au tribunal, ce n'est pas toujours celui qui parle le plus fort qui l'emporte. C'est la Constitution".

La plainte de M. Ferguson, la première du genre, cible le nouveau président américain ainsi que de hauts responsables de l'administration, notamment au département de la Sécurité intérieure.

Le décret annoncé vendredi prévoit des contrôles renforcés aux frontières, destinés à stopper l'entrée éventuelle de "terroristes islamiques radicaux", et interdit l'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Cette interdiction, accueillie avec indignation aux Etats-Unis et dans le monde entier, sépare des familles "et sape l'intérêt souverain de Washington à rester un endroit accueillant pour les immigrés et les réfugiés", a pointé M. Ferguson.

Plusieurs grandes entreprises basées dans l'Etat de Washington, dont Amazon et Expedia, ont joint des déclarations à la plainte expliquant les conséquences du décret sur leurs opérations et leurs employés. "Jusqu'à ce que le Congrès mette l'administration devant ses responsabilités pour les traumatismes moraux et juridiques évidents subis par des personnes innocentes et qui entrent dans notre pays en respectant la loi, il appartient aux Etats de protéger et de mettre en avant les droits des gens qui résident à l'intérieur de nos frontières", a aussi noté le gouverneur démocrate de l'Etat de Washington, Jay Inslee, lors de la même conférence de presse.

La plainte intime au tribunal d'entendre cette affaire dans les deux semaines. Samedi, un juge fédéral avait donné partiellement raison à des ONG qui contestaient ce décret de M. Trump. La plainte de M. Ferguson est plus large: elle vise à faire interdire dans son ensemble le décret présidentiel.