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Barack Obama doit entamer ce mercredi une visite d’Etat de trois jours en Israël et dans les territoires palestiniens. Visite historique, car elle est la première que le président américain effectue dans ces deux régions depuis son accession à la Maison-Blanche en 2008. Mais au-delà des déclarations de bonnes intentions, Israéliens et Palestiniens n’en attendent pas grand-chose de concret. A moins que M. Obama ne parvienne à inviter Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahou pour un sommet à trois. Ce qui reste hypothétique.

Le concret pourrait toutefois démarrer avec les entretiens qu’aura ici ce week-end le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, dans le prolongement de la visite présidentielle. Dans l’immédiat en tout cas, le programme de M. Obama prévoit uniquement des entretiens séparés. A Jérusalem, avec le président Shimon Pérès et le Premier ministre Netanyahou. A Ramallah, avec le président Abbas et son Premier ministre Salam Fayyad. A l’agenda, la relance du processus de paix israélo-palestinien. Et avec Israël, de surcroît, les menaces du nucléaire iranien et du chimique syrien.

Concernant l’arsenal syrien, Israël craint qu’il ne tombe aux mains du Hezbollah libanais. M. Netanyahou voudrait donc convenir avec M. Obama d’une stratégie de frappes militaires sur tout convoi suspect se dirigeant vers le Liban. Soit des frappes américaines, soit - au cas où M. Obama serait réticent à engager sa propre armée de l’air - des frappes israéliennes avec accord américain.

Pour le nucléaire iranien, M. Netanyahou met en garde : la ligne rouge sera atteinte dès que l’Iran possédera tous les éléments pour fabriquer la bombe atomique, même avant de l’avoir fabriquée. Et ceci ne devrait plus tarder. Il appelle donc à une intervention militaire pas plus tard que cet été. Mais, selon Washington, la ligne rouge sera uniquement atteinte lorsque Téhéran possédera concrètement la bombe atomique. Et l’Iran a encore besoin d’un an pour y arriver. D’ici là, M. Obama tient à poursuivre la voie diplomatique avec Téhéran et à ne recourir à l’option militaire qu’en dernier recours.

Peu d’espoir de relancer le processus de paix

Quant aux négociations israélo-palestiniennes, qui sont au point mort depuis la fin 2010, M. Obama vient, selon ses propres dires, "uniquement écouter" . Mais si Palestiniens et Israéliens ne renouent pas le dialogue entre eux de leur propre initiative, il pourrait bientôt leur mettre la pression. Or, les analystes en Israël sont unanimes : la composition actuelle de Netanyahou III, où dominent "les faucons" du cartel Likoud-Beiténou et du Foyer juif, n’augure pas d’une ouverture authentique à l’égard des Palestiniens. La seule qui promette de " se battre pour le processus de paix" est la centriste Tzipi Livni, désormais ministre de la Justice et chargée des pourparlers avec les Palestiniens. Mais le mini-cabinet que M. Netanyahou lui a accolé pour superviser ces pourparlers demeure résolument opposé à toute concession significative - arrêt de la colonisation juive, partage de Jérusalem - qui risquerait de conduire à une Palestine souveraine et viable. Sans compter que plusieurs colons contrôlent désormais des postes clés au gouvernement et à la Knesset, tant financiers que sécuritaires, pour poursuivre l’expansion juive dans les territoires palestiniens.

Dans son discours d’investiture, lundi, Benjamin Netanyahou a réitéré, comme il avait déjà fait lors de son gouvernement précédent, qu’il "tendait une main de paix" aux Palestiniens et était prêt à "des concessions historiques" en échange de concessions palestiniennes. Mais la plate-forme qu’il a signée avec ses nouveaux partenaires gouvernementaux n’appelle que laconiquement à la relance du processus diplomatique. Il prône "un accord politique qui mettra fin au conflit" , mais s’abstient d’invoquer la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël.