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Ce nouveau scandale risque de faire parler de lui. 86 journalistes, membres du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), se sont procurés plus de 2,5 millions de documents concernant près de 120 000 sociétés "offshore" et particuliers.

Ces journalistes de 40 pays différents présentent ce jeudi les résultats de cette enquête mondiale. Parmi les investigateurs de ce "offshore leaks" se trouvent des journalistes du Washington Post, de la BBC, de The Guardian, du Monde, de Matin Dimanche...

En Belgique, Le Soir a eu accès à ces informations. Selon le site du quotidien, on y retrouverait de nombreux belges, "des centaines de fraudeurs belges, notamment de nombreux diamantaires anversois d’origine indienne, des conseillers fiscaux des trois régions du pays, des cadres de banques œuvrant pour le compte de leurs clients, et de nombreux particuliers d’Anvers, de Bruxelles, d’Uccle, de Waterloo ou de Dinant." Des laboratoires pharmaceutiques sont également cités. Par contre, il n'y a ni patron du Bel20 ni politicien.

"Je pense que les diamantaires anversois vont être parmi les premiers inquiétés (par ces fuites)", révèle Alain Lallemand. Ce journaliste du Soir rappelle également que les diamantaires sont opposés, dans un bras de fer, au parquet d'Anvers. "Ces fuites ne vont-elles pas peser dans la grande négociation avec ce parquet", s'interroge-t-il.

130.000 personnes dans plus d'une centaine de pays

Tout a commencé fin 2011, lorsqu'un paquet est envoyé à une adresse en Australie. Il contient un disque dur avec des millions de données; notamment des fax numérisés, des copies de passeports, des e-mails et bien d'autres documents. Ces derniers viennent de deux sociétés spécialisées dans les domiciliations offshore: Commonwealth Trust Limited et Portcullis Trustnet. Cette dernière se trouve à Singapour et s'occupe des juridictions comme les îles Cook, les îles Caïman ou encore Samoa.

Il s'agit donc pour les journalistes membres de l'ICIJ de vérifier ces informations qui concernent 130.000 personnes dans plus d'une centaine de pays. Le journal suisse "Le matin" l'affirme: "Une partie de ces sociétés offshore et de ces trusts a clairement servi à placer des avoirs à l'abri des autorités fiscales".

Mugabe, Marcos et un proche de Hollande

Ces données secrètes concernent donc de nombreux belges, mais aussi de nombreuses personnalités mondiales. En France, François Hollande pourrait de nouveau voir son nom impliqué dans un scandale. Après la fraude fiscale de Jérôme Cahuzac, son ancien ministre du Budget, le président français doit faire face à la présence dans cette liste de Jean-Jacques Augier, son trésorier de campagne lors des élections de 2012 et ami proche. Selon Le Monde, celui-ci serait "actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans, par le biais de son holding financier Eurane".

Mais d'autres noms connus sont répertoriés sur cette liste. La fille du dictateur philippin Ferdinand Marcos, Maria Imelda Marcos Manotoc, a été identifiée comme une bénéficiaire d'un fond basé dans les îles Vierges britanniques. Aux Philipinnes, les autorités ont dès lors recherché activement à savoir si les actifs concernaient la fortune de son père, estimée à 5 milliards de dollars. Cet argent provient notamment de la corruption dans laquelle le dictateur était impliqué.

Autre personnalité à être citée, le dictateur zimbabwéen Robert Mugabe. L'enquête des journalistes les a menés à s'intéresser de plus près à la fortune "disparue" du dictateur, dont on a retrouvé la trace. L'une des ses amies thaïlandaises, Nalinee Taveesin, est l'actuelle représentante du commerce internationale pour la Thailande. La jeune femme a acquis une compagnie aux iles Vierges britanniques en août 2008.

En cause également des proches du président russe Vladimir Poutine, selon Europe 1, mais également le président de l’Azerbaïdjan et sa famille, l'ancien ministre des finances de Mongolie ou encore le mari d'une sénatrice canadienne.