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Le collège des commissaires ne se penchera que la semaine prochaine sur la loi hongroise conçue pour torpiller la Central Europe University - On va voir ce qu’on va voir. Ou pas. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, n’a cependant pas attendu pour dire son agacement envers les agissements du pouvoir hongrois. A l’issue de sa conférence avec la présidente de la Confédération helvétique, Doris Leuthard, le Luxembourgeois a tenu à préciser son point de vue sur le sujet. "Cette décision ne me plaît pas", a-t-il déclaré, en réponse à une question sur la compatibilité de la loi hongroise avec la législation européenne et l’Etat de droit.

Ne plaît pas plus au président de la Commission le questionnaire intitulé "Arrêtons Bruxelles" distribué par Budapest dans tous les foyers hongrois. En six questions assez délirantes (dont le site hungarianspectrum.org propose une traduction en anglais), le pouvoir demande, en résumé, aux Hongrois s’ils veulent que "Bruxelles" soumette leur pays à la tyrannie économique, bafoue la souveraineté nationale et livre la Hongrie aux contrebandiers, aux (dangereux) immigrants et aux forces occultes du parti de l’étranger. Répondre par oui ou non. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simpliste ?

"Après avoir lu ce questionnaire orienté, j’aimerais mieux comprendre les intentions de M. Orban", a poursuivi Jean-Claude Juncker. "Sa façon de dire du mal de Bruxelles après avoir signé la déclaration du Rome (le 29 mars lors du 60e anniversaire des traités de Rome, NdlR) en dit plus sur l’auteur du questionnaire que sur l’état de l’Union européenne". Il est possible qu’il qualifie encore M. Orban de "dictateur" lors de leur prochaine rencontre, comme il l’avait fait à Riga, en juin 2015. Sans le sourire, cette fois.