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Jamais l’armée pakistanaise n’a eu à affronter un opposant aussi critique. Depuis trois mois, Manzoor Pashteen, 25 ans, multiplie les discours virulents contre une institution qui a la haute main sur la politique intérieure, l’économie et les médias. “Combien l’Amérique vous a-t-elle payé pour les Pakistanais que vous lui avez livrés?”, tonne-t-il à Lahore le 22 avril. Depuis 2001, au nom de la lutte contre Al Qaida, les autorités pakistanaises ont extradé des milliers de suspects en toute illégalité.

La colère de Manzoor Pashteen contre les généraux est vive : il les qualifie de “traîtres”, dénonce leurs “atrocités”. En face, l’armée voit en lui une marionnette des services secrets afghans et indiens, qui l’utiliseraient pour exciter les revendications indépendatistes pachtounes et faire éclater le Pakistan. Révélateur d’un pays que la guerre contre le terrorisme divise profondément.