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La candidate républicaine à la vice-présidence américaine et gouverneure de l'Alaska, Sarah Palin, ne coopérera pas avec l'enquête qui la vise dans son Etat pour abus de pouvoir, a déclaré lundi son porte-parole, qualifiant la procédure de "biaisée". "Je pense qu'il est juste de dire que la gouverneure ne va pas coopérer avec cette enquête, tant qu'elle sera biaisée et dirigée par des individus partisans qui sont déjà parvenus à leurs conclusions", a déclaré Ed O'Callaghan à des journalistes à Anchorage, la grande ville de l'Alaska.

Mme Palin, choisie fin août par le républicain John McCain comme colistière en vue de la présidentielle du 4 novembre, fait l'objet d'une enquête menée par le parlement de son Etat à majorité démocrate, dans une affaire potentiellement explosive, dite du "Troopergate".

Mme Palin est soupçonnée d'avoir licencié abusivement le 11 juillet le chef de la sécurité publique de l'Alaska au motif que celui-ci aurait refusé de limoger un agent de police qui se trouvait être l'ex-beau frère de la gouverneure, engagé dans un divorce houleux avec la soeur de celle-ci.

Mme Palin, qui a rejeté les accusations d'abus de pouvoir, avait affirmé lors de l'ouverture de l'enquête fin juillet, alors qu'elle n'était pas encore membre du "ticket" présidentiel républicain, qu'elle y coopérerait pleinement.

Mais depuis, sept hauts responsables de l'administration de l'Alaska et membres du cabinet de Mme Palin ont annulé ou refusé des entretiens avec les enquêteurs.

Selon M. O'Callaghan, Mme Palin souhaite que l'enquête revienne non aux parlementaires, mais à la direction du personnel de son Etat, une instance administrative de trois membres, et un recours en ce sens a été déposé lundi.

Mais pendant ce temps, le mari de la gouverneure, Todd Palin, et 12 autres proches ont été convoqués vendredi pour témoigner sous serment. Mme Palin elle-même n'a pas été appelée à témoigner par l'enquêteur spécial engagé par les parlementaires, Steve Branchflower, mais ce dernier a indiqué qu'il aimerait lui parler.

M. O'Callaghan a déclaré pour sa part que Mme Palin n'avait pas réservé de place dans son agenda pour rencontrer M. Branchflower. Il n'a pas précisé si la gouverneure encouragerait ou non des membres de son administration à ignorer les convocations dans le cadre de l'enquête parlementaire. "L'enquête qui convient est celle à la direction du personnel", a-t-il insisté. Une autre porte-parole, Meg Stapleton, a reconnu que Mme Palin avait accepté de collaborer à l'enquête dans un premier temps, mais qu'elle ne pensait plus que cette enquête soit équitable. "La gouverneure Palin n'a absolument rien à cacher", a assuré Mme Stapleton. "Cette gouverneure a appelé à la transparence et à l'honnêteté, et les démocrates sont engagés dans une campagne de dénigrement", a-t-elle ajouté.