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Les crues et les inondations menacent toujours mercredi une partie de la France où 23 départements sont encore en vigilance orange crues et inondations car les niveaux de certains fleuves comme la Seine continuent de monter dangereusement, privant Paris et sa banlieue de RER C.

"Des cumuls de pluies sont prévus jusqu'à mercredi soir. Les crues en cours vont donc poursuivre leur propagation durant les prochains jours en générant d'importants débordements sur de nombreux cours d'eau du nord et de l'est du pays", annonce Vigicrues, dans son dernier bulletin publié mercredi matin.

"Une nouvelle perturbation" est attendue pour jeudi "avec des pluies qui devraient se renforcer en traversant le pays d'ouest en est", selon Vigicrues.

La crue de la Seine dans la capitale pourrait atteindre ou légèrement dépasser d'ici à la fin de la semaine le pic de 6,10 m de 2016, en fonction des précipitations, selon divers services de l'Etat. Mardi midi, le niveau a été mesuré à 4,90 m au pont d'Austerlitz.

La ligne C du RER sera fermée mercredi dans la capitale et ce au moins jusqu'à vendredi.

"A Paris, hors les berges, les conséquences devraient être les mêmes qu'en 2016", a toutefois commenté Jérôme Goellner, patron des services de l'Etat en charge de l'Environnement dans la région (DRIEE).

"C'est surtout en amont et aval que les conséquences peuvent être plus dommageables, similaires à celles de 2016", selon Jean-Marc Dolmière, adjoint au directeur de l'organisme de suivi des cours d'eau Vigicrues.

"L'eau monte en amont sur la Marne, puis elle commence à descendre, et rejoint la Seine", explique M. Dolmière.

Appels à la prudence

Des "débordements importants" étaient d'ailleurs en cours mardi soir notamment en amont de la Marne et sur l'Yonne, selon Vigicrues, qui scrute 22.000 km de cours d'eau - opération complexe réalisée grâce à des "échelles relatives", dont la plus célèbre installée au pont d'Austerlitz.

"La situation est sérieuse mais il n'y a pas lieu de s'angoisser aujourd'hui outre mesure", a commenté mardi la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson, tandis que son collègue Sébastien Lecornu appelait à la "prudence".

Tout comme la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a réuni mardi la "cellule de crise" de la Ville, avec les opérateurs concernés (Enedis, GRDF, Eau de Paris, RATP, SNCF, etc). "Nous restons extrêmement vigilants", a-t-elle déclaré.

Le Louvre, qui comme Orsay en 2016 avait dû mettre ses réserves à l'abri, s'est dit "très vigilant": "Nous déclenchons notre plan de prévention des risques de crue lorsque la Seine atteint 5,08 m".

Au total, 23 départements du Sud-Est, de l'Est, de Normandie et de l'Île-de-France étaient mercredi matin en vigilance orange pour risques de crues et d'inondations.

Une crue "modérée" est en cours sur le Rhône en aval de Lyon. Dans le Nord-Est, "les niveaux demeurent élevés sur de nombreux cours d'eau, en particulier sur la Meuse et le Rhin".

Pas de transports scolaires

Dans l'Est, le pic de crue du Rhin "a été atteint à 18H00" a indiqué la préfecture du Bas-Rhin, qui a souligné que la décision de remplir un polder de 600 ha avait "fait son oeuvre en arrêtant la crue".

"La décrue s'amorce doucement, même si les niveaux d'eau restent très élevés", a-t-elle ajouté.

La navigation sur le fleuve, arrêtée mardi, a pu reprendre sur "certains tronçons très minoritaires en contrebas, mais les conditions restent difficiles pour la navigation", a-t-elle précisé.

En vigilance rouge lundi après les débordements des rivières Loue et Doubs, Montbéliard a atteint son pic de crue. Ce devait être aussi le cas à Besançon dans la nuit.

Dans le Jura, en raison de craintes d'inondations et de "quelques mouvements de terrain", les transports scolaires ne circuleront pas dans douze communes du département mercredi où écoles et collèges seront fermés.

© AFP