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La France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont soumis à leurs partenaires du Conseil de sécurité une version amendée de leur projet de résolution sur la Syrie, abordant simultanément les volets chimique, politique et humanitaire du conflit, selon des diplomates. Les trois pays occidentaux, qui ont mené des raids aériens il y a une semaine en Syrie en représailles à des attaques chimiques présumées, sont toujours dans l'attente d'une entrée de la Russie dans les négociations.

L'ancien texte dénonçait le recours à des armes chimiques à Douma le 7 avril. La nouvelle version condamne, elle, l'utilisation "signalée" de cet armement ce jour-là.

La Russie comme la Syrie ont toujours démenti un recours aux armes chimiques le 7 avril, argument premier des Occidentaux pour mener leurs raids.

La version amendée du projet développe aussi la partie humanitaire et demande au secrétaire général de l'ONU "d'explorer les moyens" de reprendre des négociations politiques.

A cet égard, elle "encourage le secrétaire général via son envoyé spécial à créer un comité constitutionnel" inclusif, une mention qui ne figurait pas dans le premier jet.

Cet ajout pourrait être accueilli favorablement par Moscou. Le principal acquis d'un sommet à Sotchi en Russie fin janvier visait à créer un tel comité. Infligeant un camouflet à Moscou, Damas avait cependant ensuite rejeté cette idée, restée depuis lettre morte.

Le conflit syrien figure en tête d'une "retraite" informelle en cette fin de semaine du Conseil de sécurité en Suède. Le projet amendé de résolution n'y sera pas négocié mais juste évoqué, selon des diplomates.

A l'ONU, aucune nouvelle réunion de discussions n'a finalement été programmée ces jours-ci. "On va attendre la semaine prochaine", confie un diplomate.

Une première réunion lundi avait été qualifiée de "constructive" par la France, même si la Russie n'avait observé qu'un rôle passif.

Plusieurs membres du Conseil de sécurité restent dubitatifs sur une perçée avec le texte proposé par Paris, Washington et Londres.

"On ne voit pas bien pourquoi la Russie accepterait un texte réunissant trois volets déjà rejetés de manière séparée", note un diplomate européen sous couvert d'anonymat.

"Nous avons besoin de nouvelles idées sur le volet politique pour avancer", avait estimé mercredi pour sa part un diplomate suédois en présentant le voyage du Conseil de sécurité en Suède.