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Merci pour le cadeau. En attisant la crise diplomatique entre Ankara et La Haye, le président turc Recep Tayyip Erdogan a fourni au leader du PVV, Geert Wilders, une caisse complète de munitions pour la campagne électorale des législatives néerlandaises du 15 mars. M. Erdogan menace les Pays-Bas de leur faire "payer le prix"pour avoir refusé à ses ministres de faire campagne pour le référendum turc sur le renforcement des pouvoirs présidentiels ? Des membres de la diaspora turque des Pays-Bas protestent contre cette décision ? Le leader du PVV (Partij voor de vrijheid, Parti pour la liberté en V.F.) bondit à pieds joints sur l’occasion pour dérouler son discours contre l’immigration. "Les Néerlandais voient à présent que les Turcs ne sont pas des Néerlandais. Ils ont notre passeport, mais ne sont pas d’ici. Ils n’ont rien à faire ici", a-t-il dégainé sur son compte Twitter, qu’il privilégie pour sa communication.

En mars 2014, lors d’un meeting à La Haye, le même homme interrogeait ses partisans. "Voulez-vous plus ou moins de Marocains dans votre ville et aux Pays-Bas ?"La réponse était dans la question. "Moins de Marocains !", avait scandé la foule. "Nous allons nous en charger", avait promis Geert Wilders. Cette sortie lui a valu d’êtrecondamné en justice pour "discrimination". Qualifiant de "complètement cinglé" le jugement rendu par "trois juges qui haïssent le PVV", Geert Wilders a pu endosser le costume de la victime. Et s’est bien gardé de faire amende honorable.