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Haïti, la Birmanie et l'Irak sont perçus comme les pays où la corruption est la plus généralisée, a affirmé lundi l'organisation anti-corruption Transparency International (TI) lors de la présentation de son rapport 2006.

La Finlande est en revanche le pays du monde où la corruption est la moins ressentie par les hommes d'affaires et les experts internationaux, note TI qui fait le lien entre corruption et pauvreté.

"La corruption piège des millions de gens dans la pauvreté", affirme la présidente de l'organisation, Huguette Labelle, dans un communiqué.

"Malgré une décennie de progrès dans la mise en place de lois et de réglementations anti-corruption, les résultats (du rapport 2006) indiquent que beaucoup reste à faire avant que l'on note des améliorations significatives dans la vie des citoyens les plus pauvres du monde", a-t-elle ajouté.

Le classement 2006, qui comprend 163 pays, note les différents pays sur une échelle allant de 0 (très corrompus) à 10 (pas du tout corrompus) sur la base de sondages et de rapports d'institutions indépendantes comme la Banque mondiale et le Forum économique mondial.

La corruption est la plus ressentie en Haïti (1,8) dernier de la liste derrière la Birmanie, l'Irak et la Guinée (1,9). L'année dernière, le Tchad fermait la marche, derrière le Bangladesh et le Turkménistan.

En haut du tableau, la Finlande, l'Islande et la Nouvelle-Zélande obtiennent un score presque parfait (9,6). Les trois pays étaient déjà sur le podium l'année dernière. Ils sont suivis par le Danemark (9,5), Singapour (9,4), la Suède (9,2) et la Suisse (9,1). L'Allemagne est 16e (8,0) alors que la France partage avec l'Irlande la 18e place (7,4), comme en 2005. La Belgique arrive elle en 20e position, aux côtés des Etats-Unis et du Chili.

Pour apparaître dans ce classement, le pays concerné doit avoir fait l'objet d'au moins trois études, ce qui explique que de nombreux Etats - y compris ceux considérés comme les plus corrompus au monde - ne soient pas notés, a précisé l'ONG.

Selon TI, la corruption reste encore très généralisée dans le monde avec près de trois-quarts des pays étudiés obtenant une note inférieure à 5, dont la quasi-totalité des pays pauvres. Seuls deux pays africains (Maurice et le Botswana) dépassent la moyenne.

La présence des riches démocraties en tête de liste confirme selon TI le rapport entre les efforts de lutte contre corruption et prospérité économique. Mais, souligne l'ONG, les pays industrialisés ont obtenu cette année de bonnes notes alors qu'ils continuent à être touchés par des scandales.

Le niveau de perception de la corruption s'est notamment déterioré au Brésil, à Cuba, en Israël, en Tunisie et aux Etats-Unis, qui rétrogradent cette année de 17e à la 20e place (7,3).

En revanche, TI note des progrès en Algérie, en République tchèque, en Inde, au Japon, en Lettonie, au Liban, à Maurice, en Slovénie, en Turquie et au Turkménistan.

Pour l'ONG les "facilitateurs de corruption", qui aident les élites politiques à blanchir l'argent sale ou protéger des biens injustement acquis, sont responsables des mauvais résultats de certains pays.

TI réclame l'adoption de codes de conduite anti-corruption et des sanctions judiciaires pour les professionnels convaincus de corruption, ainsi qu'une meilleure surveillance des paradis fiscaux