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La Chine a averti, jeudi, la France que les relations commerciales bilatérales pourraient être affectées par la rencontre prévue samedi entre le président français Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama.

"Nous attachons une grande importance à notre partenariat stratégique avec la France aussi bien qu’avec nos liens commerciaux, ces deux points sont liés", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Liu Jianchao, lors d’un point de presse. "C’est seulement s’il y a de bonnes relations bilatérales que nous pouvons créer une bonne atmosphère pour nos relations commerciales", a-t-il ajouté.

L’annonce de la rencontre avait suscité une réaction très virulente de la Chine. Dans un geste inédit, Pékin a reporté un sommet annuel prévu le 1erdécembre avec l’Union européenne, dont M.Sarkozy est président en exercice. Ce dernier doit voir le Dalaï Lama à Gdansk, au nord de la Pologne, à l’occasion des cérémonies du 25e anniversaire du prix Nobel de la paix à Lech Walesa.

"En raison de la position erronée de la France, le peuple chinois est mécontent. Nous espérons que la France prendra une position correcte et fera le bon choix", a affirmé jeudi M.Liu. "Par ailleurs, nous espérons que le public chinois restera calme", a poursuivi le porte-parole, alors que des appels au boycottage de produits français et des pétitions anti-Sarkozy ont déjà commencé à circuler sur l’Internet chinois.

Coup de froid en mars, avant les JO

Les relations entre Paris et Pékin avaient déjà connu un coup de froid en mars après les émeutes au Tibet. Le distributeur français Carrefour, très présent en Chine, avait été la cible d’une campagne de boycottage de plusieurs semaines. Puis, la situation s’était apaisée, car M.Sarkozy avait finalement décidé de se rendre à Pékin pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, à la suite de la reprise du dialogue entre les Chinois et les représentants du Dalaï Lama, finalement qualifiée par ces derniers d’"échec".

Lors du passage en France du Dalaï Lama, cet été, M.Sarkozy avait préféré ne pas mettre en péril ses bonnes relations retrouvées avec Pékin en renonçant à rencontrer à cette occasion le chef spirituel tibétain.

Cette tâche avait finalement incombé à son épouse. Carla Bruni-Sarkozy, accompagnée du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, avait rencontré le Dalaï Lama dans l’Hérault pour l’inauguration d’un temple.

Fin novembre2007, lors du premier voyage du Président français en Chine, Pékin et Paris avaient signé pour environ 20milliards d’euros de contrats commerciaux. Nicolas Sarkozy était retourné en Chine, pour la troisième fois depuis son élection, fin octobre pour le sommet Europe/Asie. (AFP)