International L'entreprise britannique Cambridge Analytica (CA) est un peu plus dans la tourmente. Le patron, Alexander Nix, a été filmé en caméra cachée dans le cadre d'une enquête de Channel 4 News. Dans cette vidéo, Alexander Nix explique comment procéder pour faire chanter les hommes politiques. 

Cette révélation enfonce un peu plus le clou pour l'entreprise sous le feu des projecteurs depuis qu'elle a été accusée d'avoir récupéré les données de 50 millions d'utilisateurs sans leur consentement dans le but d'établir un logiciel qui permettrait d'influencer le vote des citoyens lors des élections américaines de 2016.

Influencer des élections au Sri Lanka

Un journaliste de la chaîne britannique Channel 4 News s'est fait passer pour un employé d'un riche client qui voulait s'accorder les services de Cambridge Analytica pour influer sur les élections au Sri Lanka. 

Lors d'un rendez-vous arrangé entre les deux partis, Alexander Nix ne cache pas l'influence que peut avoir son entreprise, notamment lorsqu'il s'agit de potentiellement faire tomber un candidat pour corruption : " nous offrirons une très grosse somme d'argent au candidat, pour financer sa campagne en échange de terrains par exemple. Nous enregistrerons tout cela grâce à des caméras, nous masquerons le visage de notre employé, ensuite, la vidéo sera postée sur internet".

Le patron de Cambridge Analytica propose également d'autres solutions comme "envoyer des filles au domicile du candidat", plus précisément des "filles ukrainiennes en vacances avec nous". 

La collecte de données courante et légale

D'autres rendez-vous ont été arrangés avec Cambridge Analytica mais sans Alexander Nix. On y voit deux employés de la firme expliquer la technique du profilage : " si vous collectez les données des utilisateurs et que vous faites du profilage, cela vous donne plus d'idées sur comment fragmenter la population et ainsi leur envoyer des messages sur les choses qui leur sont importantes. Nous utilisons ça en Amérique et en Afrique".

"[Ce que nous faisons] doit se produire sans que quelqu'un pense à de la propagande. Parce que dès l'instant où quelqu'un pense cela, la prochaine question sera de savoir qui est derrière cela. Nous devons être très subtils", confie dans un autre entretien, Mark Turnbull, directeur général de CA Political Global.

Cambridge Analytica a nié toutes les accusations depuis le début de l'affaire. L'entreprise britannique insiste également sur le fait que la collecte de données et de renseignements ainsi que le recours à des sous-traitants sont des pratiques courantes mais également légitimes.