International
L'an dernier, Pierre Bellemare s'était livré à nos confrères de la DH. Redécouvrez cette interview -datant du mois de février 2017- de cet homme qui a tant marqué la sphère médiatique de son empreinte. L'homme de télévsion s'est éteint ce samedi, à l'âge de 88 ans.

Le raconteur d’histoires, Pierre Bellemare, fondateur du téléachat en France, nous avait raconté la genèse de ce grand commerce.

Connu pour raconter les histoires les plus étranges, Pierre Bellemare était également le précurseur du téléachat. C’est, en effet, en 1987 que le célèbre homme de télévision et de radio proposait l’idée à Bouygues, qui venait à peine de racheter TF1. "Un Américain que j’avais rencontré dans l’avion m’avait parlé d’une émission de téléachat qui marchait très bien aux États-Unis. Je n’avais jamais entendu parler de ça et j’ai été surpris", nous expliquait Pierre Bellemare, âgé 87 ans à l'époque, qui se souvenait avoir été vivement critiqué par ses confrères. "Ils me demandaient ce que je fichais là en me disant que je faisais du commerce. Six mois plus tard, on a eu de très bons retours, l’émission était déjà rentable. De grands médias ont commencé à s’intéresser à l’émission. À partir de ce moment, l’opinion des gens à changer comme par miracle et je n’ai plus été un paria de la télévision." (rires)

Un retour à la télévision serait envisageable pour vous ?

"Je fais de temps en temps des émissions mais je ne pourrais plus animer un programme quotidien. Je continue mes histoires sur France 2 Périgord et j’aimerais les raconter sur France 2, par exemple. Si on me le propose, je ne serais pas contre."

Que pensez-vous de vos confrères de France Télévisions qui ont été mis à la porte à cause de leur âge ?

"Pour moi, le départ de Julien Lepers était très injuste car il avait donné un style à l’émission Questions pour un champion . Ces problèmes de mode ont toujours existé. Quand j’avais 50 ans, un patron de chaîne m’a dit : Bellemare, vous êtes usé, c’est terminé ! C’était très dur à entendre. Notre métier est plein d’embûches et nous oblige à rester dans le coup. Ce qui est important, c’est de trouver quand même un programme qui nous raccroche à notre époque."

Vous êtes connu aussi pour raconter des histoires étranges. Ce domaine est-il inépuisable ? Y a-t-il toujours des histoires à raconter ?

"Oui, toujours ! C’est étonnant, mais le fait divers se renouvelle beaucoup et a ses propres originalités. En tout, sur Europe 1, j’ai raconté environ 4.600 histoires. On ira piocher dedans dans quelque temps."

Racontez-vous des histoires à vos petits-enfants ?

"Pas du tout ! (rires) Je n’ai jamais raconté d’histoires aux enfants car celles que je raconte sont quand même assez sinistres ou ont un humour assez cynique. Il faut être adulte pour pouvoir comprendre. Puis, même si j’aime beaucoup mes enfants et mes petits-enfants, je ne me suis jamais senti à l’aise dans ce rôle-là. Même si j’ai quitté Paris pour trouver une certaine tranquillité dans le Périgord, où nous adorons naviguer ma femme et moi et où nous avons beaucoup de bêtes, je ne passe malheureusement pas assez de temps avec eux."

En parlant d’histoires, vous avez récemment confié que vous les enregistriez nu dans votre chambre à l’époque d’Europe 1…

"Oui ! (rires) Je racontais mes histoires nu dans ma chambre car elle était très silencieuse et parce que les vêtements pouvaient parfois faire du bruit. Ma femme était au lit et moi en face d’un pupitre. En y repensant, je me dis que ça ne devait pas être très tentant puisqu’elle s’endormait rapidement. C’était étrange…"

Vous avez récemment sorti un disque, Ballades au fil du temps. Est-ce que vous les enregistrez aussi dans votre plus simple appareil ?

(rires) "Non, non, mes chansons je les chante habillé. C’est le deuxième disque que je fais. Celui-ci est un condensé des plus belles ballades. Universal est tombé dessus et l’a pris tout de suite. Je suis assez content des retours. J’ai visiblement une voix qui plaît…" (sourire)