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A l'initiative du mouvement Climat et Justice sociale et du groupe de femmes Lights4Rights! , plus d'un millier de personnes, selon la police, se sont rassemblées vendredi, place de la Monnaie à Bruxelles, pour protester contre le programme du nouveau président américain Donald Trump, en marge de son discours d'investiture. Les manifestants ont scandé le message "From Brussels to the world, our voices will be heard". Ils se revendiquent solidaires avec la Marche des femmes de Washington de samedi. Des bougies ont été allumées et la foule a chanté le titre "Imagine" de John Lennon.

Des discours ont été prononcés par les organisateurs. "Nous sommes ici côte à côte avec des écologistes radicaux, des éco-socialistes et des féministes et ce n'est pas par hasard que nous sommes rejoints par des antiracistes, par des internationalistes, par des syndicalistes...", a remarqué Daniel Tanuro, un des fondateurs de Climat et Justice sociale. "Ce qui nous unit ce sont nos valeurs et elles sont à l'opposé de celles de Donald Trump". Il a terminé son intervention par l'énoncé d'une direction à suivre: "Nous devons faire converger nos luttes autour de nos valeurs parce qu'il n'y a pas d'autres solutions. Respect women, respect people, respect the planet ! ".

Les femmes de Lights4Rights! ont affirmé qu'elles ne voulaient plus tolérer un monde injuste et qu'il fallait agir avec passion. Elles ont affirmé leur rejet de toutes les discriminations. "Donald Trump est entouré de conservateurs et son discours sexiste laisse penser que les droits des femmes vont reculer", estime Marcela de la Peña, coordinatrice nationale francophone pour la Marche mondiale des Femmes.

Diverses associations ont rallié la manifestation. "On est là pour défendre les droits humains en général et ses propos sur les femmes comme sur la torture nous inquiètent", élargit Eléonore Barrelet, responsable Droits des femmes pour la section belge francophone d'Amnesty International.

Des manifestations de protestation peu suivies en Europe

Les manifestations organisées vendredi dans plusieurs grandes villes européennes pour protester contre l'investiture de président américain Donald Trump ont été peu suivies, rassemblant tout au plus quelques centaines de personnes. A Berlin, entre 200 et 300 personnes, dont des Américains, se sont rassemblées en fin d'après-midi devant le siège du parti de droite populiste AfD, avant de partir pour la porte de Brandebourg. Les manifestants brandissaient une grande banderole proclamant en anglais "Des ponts, pas des murs" ainsi que plusieurs pancartes "Oui à l'amour" ou encore "Non au trumpisme global, non à l'AfD" (en allemand).

Arrivés à la porte de Brandebourg, l'un des symboles de la capitale allemande, les manifestants se sont massés devant l'ambassade des Etats-Unis, où ils ont formé par terre à l'aide de bougies le mot "No". A côté, un drapeau américain a été déployé, portant l'inscription "We say no" ("Nous disons non").

A Londres, des militants de Bridges not Walls, mouvement anti-Trump dont le nom se réfère au projet du nouveau président américain de construire un mur à la frontière mexicaine, ont déployé en matinée une banderole sur le Tower Bridge: "construisons des ponts pas des murs".

Une manifestation était prévue dans la capitale britannique en début de soirée devant l'ambassade américaine à l'appel d'organisations antinucléaires ou antiracistes, comme la CND (Campaign for nuclear disarmament) ou Stand Up to racism. D'autres rassemblements étaient prévus à peu près au même moment à Birmingham, Manchester ou Edimbourg.

A Bruxelles, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées en fin d'après midi devant le Théâtre royal de la Monnaie (centre), en réponse à l'appel de plusieurs associations de défense des droits de l'homme ou de l'environnement, de partis de gauche et d'organisations féministes.

Amnesty international, des représentants du parti démocrate américain, notamment, se sont associés à cette manifestation baptisée lights4rights. Le rassemblement, organisé au moment où le nouveau président américain Donald Trump prêtait serment, se voulait solidaire de la marche des femmes organisée samedi à Washington et dans plusieurs villes du monde.

En revanche, à Prague, la manifestation anti-Trump n'a pas eu lieu faute de participants.

Le coup d'envoi à ces manifestations avait été donné quelques heures avant la cérémonie d'investiture aux Philippines, ancienne colonie américaine et dont des millions de ressortissants vivent aux Etats-Unis. Quelque 300 personnes se sont rassemblées devant l'ambassade américaine à Manille aux cris de "Dump Trump" ("Jetez Trump"), avec des banderoles proclamant "Trump, ordure".

Aux Etats-Unis même, des incidents ont opposé tard jeudi soir à Washington devant le National Press Building des centaines de manifestants anti-Trump aux invités d'un bal pro-Trump, intitulé "Deploraball" en référence à l'adjectif "déplorable" utilisé durant la campagne par Hillary Clinton pour qualifier les partisans de son rival. La police a dû employer du gaz lacrymogène.

A New York jeudi soir, une brochette de célébrités dont Robert de Niro ont manifesté avec des milliers de personnes dans une ambiance décontractée.

La principale manifestation aux Etats-Unis est prévue samedi avec une grande "marche des femmes" qui sera déclinée dans plusieurs pays.