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L’histoire déjà longue de la présence belge sur le continent antarctique s’enrichira ce week-end d’une nouvelle date symbolique. C’est en effet dimanche que sera officiellement inaugurée la station Princess Elisabeth, la nouvelle base polaire belge. Une cinquantaine de représentants des pouvoirs publics et des sponsors privés ont fait le déplacement, dont deux ministres, Sabine Laruelle (MR), pour la Politique scientifique, et Peter De Crem (CD&V), pour la Défense nationale. Ce petit monde devait rejoindre samedi la quarantaine de scientifiques, militaires et logisticiens qui ont mené à bien le montage complexe de cette construction inédite. Aucun représentant de la famille royale ne sera présent.

La station Princess Elisabeth se démarque des 65 autres bases polaires actuellement en activité sur le continent par son caractère résolument respectueux de l’environnement. Conformément à la volonté d’Alain Hubert, l’initiateur du projet, le module, construit avec des matériaux écologiques, ne produit pas de gaz à effet de serre et tout y est mis en œuvre pour réduire au maximum la production de déchets (voir infographie).

La concrétisation de ce projet n’a pas traîné. Les premiers plans datent de 2004. Et en décembre de cette même année, une première expédition belge en Antarctique ("Belgian Antarctic Research Expedition", Belare) choisissait l’emplacement. Deux autres expéditions ont suivi avant que soient donnés, en novembre 2007, les premiers coups de pelles.

Au total, la construction et l’équipement auront coûté près de 22 millions d’euros soit plus de trois fois le budget initialement prévu. Le gouvernement fédéral est intervenu pour 8 millions répartis entre la Politique scientifique (6 millions), la Loterie nationale (1,5 million) et les Affaires étrangères (0,5 million), le reste étant apporté par des mécènes privés. La gestion scientifique et financière sera assurée par le Secrétariat polaire, récemment créé et paritairement composé de représentants des pouvoirs publics et de la Fondation polaire internationale. Il sera doté d’un budget annuel d’1,5 million d’euros. De quoi lui assurer une longue vie.