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Le président polonais Andrzej Duda a qualifié vendredi "d'inadmissibles" les propos du Belge Guy Verhofstadt qui avait taxé de "fascistes" et de "néo-nazis" les participants à la Marche de l'indépendance à Varsovie, lors d'un débat au Parlement européen.

"Les déclarations qui ont été faites lors du débat, sont à mes yeux, aux yeux du président et surtout d'un Polonais, absolument scandaleuses. La déclaration du vice-président Verhofstadt étaient absolument inadmissibles", a déclaré M. Duda à la télévision publique TVP Info.

Lors d'un débat mercredi sur les réformes judiciaires en Pologne au Parlement européen, qui a abouti à une résolution pouvant ouvrir la voie à des sanctions contre la Pologne, Guy Verhofstadt a déclaré que "60.000 fascistes ont marché samedi à Varsovie, des néo-nazis, des suprématistes blancs et je ne parle pas de Charlottesville en Amérique, je parle de Varsovie, Pologne, 300 kilomètres environ d'Auschwitz-Birkenau".

Les images du rassemblement, avec des explosions de pétards, des fumées colorées de torches fumigènes et des slogans xénophobes, racistes, ou anti-islam lors de cette marche organisée par l'extrême droite, mais rejointe par de nombreux Polonais motivés seulement par leur patriotisme, ont provoqué une vague de critiques à l'étranger, certains médias utilisant le terme de "marche fasciste".

Le président Duda a lui-même condamné lundi les accents nationalistes, xénophobes et antisémites observés lors de la marche.

Les déclarations de M. Verhofstadt ont d'ores et déjà suscité de vives critiques en Pologne.

Deux députés européens conservateurs polonais, Marek Jurek et Zdzislaw Krasnodebski, ont écrit au président du Parlement européen Antonio Tajani pour lui demander de sanctionner l'ancien Premier ministre belge pour ses propos.

Une ONG polonaise proche du pouvoir, la Ligue polonaise contre les diffamations, a annoncé jeudi le dépôt de plaintes en justice contre l'eurodéputé belge. Elle a également annoncé vouloir l'interdire du territoire polonais "comme personne indésirable".

"Je suis déjà sur la liste noire de Poutine. Je risque d'être sur la liste noire de M. Kaczynski", a commenté M. Verhofstadt sur son compte Twitter.