"Pour 300 000 enfants, la guerre n’est pas un jeu”

R. Meu. Publié le - Mis à jour le

International

Actuellement, on compterait près de 300 000 enfants soldats ou “enfants associés à une force ou à un groupe armé” à travers le monde. Ceux-ci se répartissent dans une vingtaine de pays, tels la République démocratique du Congo, le Tchad, l’Inde, les Philippines, la Colombie ou la Syrie. “Ces enfants, dont certains ont moins de dix ans, sont employés comme combattants, cuisiniers, porteurs, messagers ou encore utilisés à des fins sexuelles”, explique Solveig Vinamont de l’association WAPA international. Le recrutement peut être forcé, via des enlèvements ou des enrôlements sous la contrainte, mais il est aussi parfois “volontaire”.Certains enfants s’engagent par esprit de vengeance après que leurs familles ont été massacrées, ou tout simplement par nécessité économique”.

Cyniquement, les enfants représentent “des avantages” pour les groupes armés qui les utilisent : ils sont “peu coûteux”, “facilement manipulables” ou considérés comme “inoffensifs” par l’adversaire. Beaucoup sont tués au front et pour ceux qui survivent, les conséquences physiques (blessures, sévices sexuels) et psychologiques sont dramatiques. Victimes, il sont aussi souvent devenus bourreaux.

Solveig Vinamont et Véronique Cranenbrouck ont pu se rendre compte des difficultés de réintégration de ces ex-enfants soldats dans le Nord de l’Ouganda, où leur association est active depuis plusieurs années. “L’Ouganda a été dévasté par plus de vingt années de guerre civile, avec 100 000 morts, deux millions de déplacés et plus de 60 000 enfants soldats”, poursuit Solveig Vinamont. “La réintégration est très compliquée : des enfants soldates ont été violées et ne peuvent plus se marier, d’autres sont stigmatisés et ne retrouvent plus d’emploi. Nous avons récolté des témoignages forts comme celui de cet enfant qui a été forcé de tuer son cousin à coup de bûches”.

En Belgique, Victorine Michel et Florine Perpète, deux réalisatrices en herbe, ont réalisé un court-métrage de sensibilisation à ces drames humains intitulé “Jeu d’enfant”. Le film, qui sera diffusé en Belgique dans plusieurs salles de cinéma avant les séances, met en parallèle la vie d’un petit garçon soldat et celle d’enfants vivants dans des pays en paix. “Pour 300 000 enfants, la guerre n’est pas un jeu”, rappellent les réalisatrices.