International

Le sénateur républicain John McCain, bête noire de Moscou, a qualifié mercredi d'acte de guerre les opérations de piratage politique attribuées par le renseignement américain à la Russie.

"C'est un acte de guerre", a dit John McCain, faucon conservateur qui qualifie fréquemment Vladimir Poutine de "voyou" et d'"assassin". M. McCain a d'ailleurs été sanctionné par Moscou en 2014 en représailles à des sanctions américaines.

"Quand on tente de détruire les fondements de la démocratie, alors on détruit un pays", a poursuivi le sénateur de 80 ans.

Il a nuancé le qualificatif, soulignant qu'il existait des "degrés" dans les actes de guerre.

"Je ne dis pas qu'il s'agit d'une attaque atomique. Je dis seulement que lorsqu'on attaque la structure fondamentale d'un pays, ce qu'ils font, alors c'est un acte de guerre", a-t-il expliqué.

Donald Trump doute à haute voix de cette conclusion officielle, mais Washington accuse la Russie d'avoir fomenté le piratage de la messagerie de plusieurs responsables du parti démocrate ainsi que de celle de John Podesta, un proche d'Hillary Clinton; les milliers de messages dérobés ont ensuite été diffusés en ligne, notamment sur le site WikiLeaks dans le dernier mois avant l'élection présidentielle américaine du 8 novembre (Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, a nié que les Russes aient été sa source).

Le flot constant de messages privés, abondamment repris dans la presse, a placé Hillary Clinton dans l'embarras, brouillant son message en levant un coin de voile sur les calculs politiques internes.

John McCain organise jeudi une grande audition au Sénat avec de hauts responsables du renseignement américain sur ce sujet des cyberattaques.


WikiLeaks offre une récompense pour tout renseignement fuité de la Maison Blanche

WikiLeaks a promis mardi une récompense pour tout renseignement fuité de la Maison Blanche avant le départ du président américain Barack Obama, tandis que son fondateur Julian Assange a réaffirmé que la Russie n'était pas à l'origine du scandale des emails de Hillary Clinton.

"Avis aux administrateurs informatiques: ne laissez pas la Maison Blanche détruire à nouveau l'histoire des Etats-Unis! Copiez (les documents) maintenant, et envoyez (les) à WikiLeaks quand vous voulez !", a annoncé sur Twitter l'organisation spécialisée dans les révélations de documents secrets.

"Nous offrons une récompense de 20.000 dollars pour toute information permettant l'arrestation ou la mise à l'index de tout agent de l'administration Obama ayant détruit des dossiers importants", poursuit le site.

Julian Assange a ensuite accordé une longue interview à la chaîne de télévision américaine Fox à l'ambassade équatorienne de Londres, où il est réfugié depuis juin 2012.

Il s'est à nouveau refusé à donner la source qui a transmis à WikiLeaks des documents subtilisés dans les courriers électroniques de John Podesta, chef de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, dont trois discours de l'ex-secrétaire d'Etat rémunérés par la banque Goldman Sachs mettant en lumière ses liens avec Wall Street.

Mme Clinton a accusé le gouvernement russe d'être responsable de ces fuites - un point de vue partagé par l'administration américaine - et a reproché à WikiLeaks d'aider son adversaire républicain, Donald Trump, qui a remporté l'élection présidentielle.

"La source n'est pas le gouvernement russe", a martelé sur Fox Julian Assange, fervent détracteur de Hillary Clinton.

M. Assange a jugé "impossible de dire" si la révélation de ces emails avait favorisé l'élection du magnat de l'immobilier le 8 novembre.

Mais si "cela a bien était le cas", ce sont les "vraies déclarations" de Mme Clinton et de son entourage, c'est-à-dire celles qui ont été tenues dans ces emails, qui ont "fait basculer l'élection", a-t-il soutenu.

WikiLeaks avait également publié juste avant la convention démocrate en juillet quelque 20.000 emails internes au parti révélant un possible favoritisme de ses responsables en faveur d'Hillary Clinton pendant les primaires, ce qui avait contraint la présidente du comité national du parti démocrate à la démission.

Julian Assange, 45 ans, est réfugié à l'ambassade équatorienne de Londres depuis juin 2012 pour éviter d'être extradé en Suède, où il est sous le coup d'un mandat d'arrêt dans le cadre d'une enquête pour viol, après la plainte déposée par une Suédoise en 2010.

M. Assange nie les faits, dénonçant une manoeuvre pour l'extrader vers les États-Unis, qui veulent le juger pour la diffusion d'informations secrètes.