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Le président syrien Bachar al-Assad porte "l'entière responsabilité" des frappes américaines ayant visé une base militaire de son régime en représailles à une attaque chimique présumée, ont estimé vendredi la chancelière allemande et le président français. "Une installation militaire du régime syrien utilisée pour des bombardements chimiques a été détruite cette nuit par des frappes américaines (...) Assad porte l'entière responsabilité de ce développement", ont indiqué Angela Merkel et François Hollande dans un communiqué commun.

Le communiqué franco-allemand assure que les deux pays "poursuivront donc leurs efforts avec leurs partenaires dans le cadre des Nations Unies pour sanctionner" l'usage d'armes chimiques par le gouvernement syrien. L'Élysée précise que Washington a informé la France et l'Allemagne "une ou deux heures" avant les frappes.

Les frappes américaines en Syrie sont un "signal" qui doit conduire Russes et Iraniens à comprendre qu'ils ne peuvent plus soutenir le régime de Bachar al-Assad, a également déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, interrogé à la radio.

"Là, il y a un signal qui est donné, il faut maintenant que les Russes et les Iraniens comprennent que soutenir comme ils le font à bout de bras jusqu'à l'ignominie le régime de Bachar al Assad, ça ne tient pas, ça n'a pas de sens", a affirmé M. Ayrault sur France Info.

Les frappes américaines ayant visé le régime syrien en représailles d'une attaque chimique présumée sont "compréhensibles", a de même indiqué vendredi le chef de la diplomatie allemande. "Il était à peine supportable de devoir regarder comment le Conseil de sécurité de l'ONU s'est montré incapable de réagir de manière claire à l'utilisation barbare d'armes chimiques. Que les Etats-Unis réagissent en attaquant les structures militaires du régime (de Bachar al-Assad) qui a commis ce crime de guerre, est compréhensible", a jugé le ministre Sigmar Gabriel dans un communiqué.

Mais il est "aussi décisif d'arriver à des efforts de paix communs sous l'égide de l'Onu", a-t-il ajouté, tout en déplorant l'incapacité du Conseil de sécurité à adopter une résolution après l'attaque chimique présumée qui a fait au moins 86 morts dont 27 enfants.

Les frappes américaines, première opération militaire des Etats-Unis contre le régime syrien, ont été menées avec "59 missiles" de croisière Tomahawk, a annoncé la Maison Blanche, précisant qu'elles avaient visé la base aérienne de Shayrat.

Au moins quatre soldats syriens ont été tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "L'aéroport a été presque totalement détruit: les avions, le tarmac, le dépôt de fuel et le bâtiment de la défense aérienne ont été pulvérisés", a précisé à l'AFP son directeur Rami Abdel Rahmane.

Donald Trump a exhorté "toutes les nations civilisées" à rejoindre les Etats-Unis pour "mettre un terme au bain de sang en Syrie".


Israël, le Royaume-Uni, la Turquie et le Japon ont annoncé leur soutien à l'action américaine. De son côté, le président russe Vladimir Poutine a dénoncé une "agression contre un Etat souverain".