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"Paris n'est plus Paris": le président américain Donald Trump a cité vendredi "un ami" qui ne met plus les pieds dans la capitale française, pour défendre sa politique migratoire en prenant la France, la Suède et l'Europe en général comme contre-exemples.

"La sécurité nationale commence par la sécurité aux frontières. Les terroristes étrangers ne pourront pas frapper l'Amérique s'ils ne peuvent entrer dans notre pays", a-t-il lancé lors de la grande conférence annuelle des conservateurs CPAC.

"Regardez ce qui se passe en Europe ! Regardez ce qui passe en Europe !", a-t-il martelé, défendant une nouvelle fois ses propos controversés sur la Suède liant l'immigration à une présumée poussée de violence. "J'adore la Suède mais les gens là-bas comprennent que j'ai raison".

S'il a déjà utilisé à de nombreuses reprises en campagne cette référence aux attentats perpétrés en France pour justifier sa politique sur l'immigration, le président républicain s'est attardé plus longuement cette fois-ci sur la capitale française. "J'ai un ami, c'est quelqu'un de très très important. Il adore la Ville lumière. Pendant des années, tous les étés, il allait à Paris, avec sa femme et sa famille", a-t-il raconté. "Je ne l'avais pas vu depuis longtemps et j'ai dit +Jim, comment va Paris ?+; +Je n'y vais plus. Paris n'est plus Paris+", a-t-il poursuivi. "Il n'aurait jamais raté une occasion. Aujourd'hui, il n'envisage même plus d'y aller", a encore raconté le 45e président des Etats-Unis.


Trump s'en prend au FBI pour des fuites dans la presse

Donald Trump s'en est pris vendredi à la police fédérale américaine (FBI), incapable selon lui de démasquer les agents qui renseignent la presse au sein même de l'institution, une initiative assez inhabituelle de la part d'un président. "Le FBI est totalement incapable d'arrêter les 'fuiteurs' sur la sécurité nationale qui se sont répandus dans notre gouvernement depuis longtemps. Ils ne peuvent même pas trouver les fuiteurs à l'intérieur-même du FBI. Des informations classifiées sont données aux médias, ce qui pourrait avoir un effet dévastateur sur les Etats-Unis. TROUVEZ MAINTENANT", a-t-il écrit dans deux tweets matinaux dont il est coutumier.

L'administration Trump est sur la défensive face à des accusations de liens inappropriés avec la Russie, plusieurs enquêtes étant en cours à ce sujet, dont une au FBI. Eclaboussé par cette affaire, le conseiller du président à la sécurité nationale Michael Flynn a dû démissionner la semaine passée.

La plupart des accusations contre le président républicain et son entourage sont venues des médias, qui ont cité des sources anonymes au gouvernement.

Les tweets de Donald Trump sont intervenus au moment même où la chaîne CNN diffusait vendredi matin un reportage sur le refus par le FBI de répondre à une demande de la Maison Blanche: celle-ci voulait que la police fédérale nie publiquement les informations d'articles de presse relatifs à des communications supposées entre le camp Trump et d'éventuels espions russes durant la campagne électorale de l'an passé.


La Suède publie ses chiffres face aux infos "erronées"

Le gouvernement suédois, agacé par les propos de Donald Trump liant l'immigration à une présumée poussée de violence dans le pays scandinave, a publié ses chiffres pour battre en brèche les informations "simplistes" ou "erronées". Sur son site internet, le ministère des Affaires étrangères a rendu public une série de "faits" répondant à diverses "assertions simplistes ou complètement erronées" diffusées depuis les déclarations du président américain lors d'un meeting le 18 février en Floride. Egrenant la liste des villes européennes frappées par des attentats terroristes ces derniers mois (Paris, Bruxelles, Berlin, Nice), Donald Trump avait semblé évoquer une attaque de ce type survenue le 17 février à Stockholm.

Mis en cause pour sa politique généreuse d'accueil des migrants (244.000 entre 2014 et 2015), le gouvernement suédois de gauche (sociaux-démocrates et écologistes) a finalement décidé de livrer sa vérité. S'agissant de terrorisme, le ministère des Affaires étrangères rappelle que l'unique tentative d'attentat sur le territoire national s'est produite en décembre 2010. "Elle n'a pas fait de victime, sauf l'assaillant" qui s'est fait exploser dans le centre de Stockholm, souligne le ministère.

Les autorités suédoises réfutent également une autre "allégation" douteuse à leurs yeux selon laquelle la Suède enregistrerait "une hausse importante de la violence par armes à feu". "De façon générale, la violence a diminué en Suède ces 20 dernières années" même si la perception de la violence dans la population a, elle, augmenté, au gré de l'immigration, admet-on.

Or "bien que le nombre d'immigrés ait progressé en Suède depuis les années 1990, l'incidence de crimes violents a reculé" et "les études ne mettent pas en évidence que l'immigration conduise à une hausse de la délinquance", ajoute le ministère.