Pour une Europe de l'électricité plus efficace

AFP Publié le - Mis à jour le

International La Commission européenne, qui prône depuis des années une ouverture du marché de l'électricité accompagnée d'un minimum de règles communes, pousse de nouveau les 25 à plus de collaboration pour éviter les pannes géantes comme celles de samedi. Même si ces coupures, parties d'Allemagne mais qui ont affecté quelque 10 millions d'Européens samedi soir pendant une heure, n'ont "eu lieu que sur des périodes relativement courtes, elles sont inacceptables", a déclaré lundi le commissaire européen à l'Energie, Andris Piebalgs.

Elles "confirment une nouvelle fois le besoin d'une politique énergétique européenne", a-t-il ajouté dans un communiqué. Bruxelles proposera en janvier de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité des systèmes européens de transmission d'électricité. La Commission prône la création d'un groupe européen d'opérateurs qui pourrait imposer des normes techniques à tous les Etats membres pour assurer une bonne circulation de l'électricité sur les réseaux de l'UE.

Ce groupe existe déjà, mais il est informel et "partage seulement des informations", a expliqué le porte-parole de M. Piebalgs. L'UE est engagée depuis des années dans l'ouverture de ses marchés de l'électricité, qui devrait être totale l'an prochain. Mais les systèmes de régulation des 25 sont encore cloisonnés.

"C'est absolument contradictoire d'avoir plusieurs connexions européennes et de ne pas avoir une autorité unique européenne" en matière d'énergie, a dénoncé dimanche le chef du gouvernement italien et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi. Bruxelles milite depuis longtemps pour une meilleure harmonisation du pouvoir des régulateurs nationaux, comme la Commission de régulation de l'énergie en France (CRE), afin de fixer des règles communes sur le fonctionnement des marchés (prix, règles d'utilisation des interconnexions...).

Pour gérer les "questions de transmission d'énergie à travers les frontières, nous avons besoin d'un régulateur européen", a une nouvelle fois plaidé lundi le porte-parole de M. Piebalgs, Ferran Tarradellas. "Il ne s'agit pas d'avoir un régulateur unique", a-t-il toutefois immédiatement ajouté, conscient des réactions que l'idée provoque chez certains Etats membres jaloux de leurs prérogatives. "Les régulateurs nationaux doivent rester là où ils sont", a-t-il ajouté.

Pour l'eurodéputé luxembourgeois Claude Turmes (Verts), il faut surtout améliorer le travail entre les gestionnaires de réseaux de transport électriques, comme le français RTE, les régulateurs et les producteurs, pour que des "productions (d'électricité) puissent démarrer rapidement pour rééquilibrer" la situation en cas de problème.

La panne de samedi a provoqué un déséquilibre brutal de la production en Europe, avec un déficit de 10.000 mégawatts à l'Ouest. Le courant, coupé peu après 22H00, a finalement pu être rétabli partout entre 22H30 et 23H00 après le démarrage de nouvelles capacités de production, hydraulique puis à gaz en ce qui concerne la France. L'incident de samedi montre aussi qu'il faut chercher une réelle "séparation des activités de réseau de transport et de production/vente d'électricité", estime l'élu luxembourgeois, spécialiste des questions énergétiques. Les opérateurs allemands n'ont pas assez investi dans les réseaux de transports d'électricité, préférant concentrer leurs efforts sur leurs activités de productions, qui, contrairement aux premières, sont ouvertes à la concurrence, dénonce-t-il.

Lundi, le porte-parole de M. Piebalgs a balayé d'un revers de la main les critiques selon lesquelles l'ouverture à la concurrence des marchés européens avait aussi sa part de responsabilité dans la panne de samedi. "Le client doit avoir le choix de son fournisseur d'énergie. Cela ne signifie pas que le marché n'est pas régulé", a-t-il dit.

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