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Commentaire.

Le rôle de coordinateur des attentats de Paris et de Bruxelles prêté au Belgo-Marocain Oussama Atar à partir de la Syrie repose la question de sa libération et de la campagne menée en Belgique par sa famille dans laquelle presque tous les partis francophones sont tombés dans le panneau de même que les Affaires étrangères et Amnesty International.

On croyait qu’Atar avait été condamné à perpétuité, puis, que sa peine avait été commuée à dix ans de prison, sous le prétexte qu’il avait franchi illégalement la frontière syrio-irakienne pour apporter de l’aide humanitaire aux Irakiens…Le dossier irakien parle de charges autrement plus sérieuses puisqu’il accusait Atar d’avoir rejoint Al-Qaïda.

Arrêté en février 2005 à Ramadi, le ressortissant belgo-marocain a été condamné à vingt ans de prison pour usurpation d’identité et appartenance à Al-Qaïda, selon les autorités irakiennes.

C’est donc cet homme, présenté comme une victime de la dureté des prisons irakiennes et notamment celle d’Abou Ghraïb, qui a fait l’objet d’une campagne de libération intitulée « Sauvons-le ». Plusieurs parlementaires (Ecolo, CDH et PS) ont demandé sa libération. Le député MR Denis Ducarme, plus prudent, s’est contenté d’une question parlementaire.

Amnesty a lancé une action urgente "pour que des soins soient apportés en Irak à Atar". Ce type de campagne n’impose pas les vérifications auxquelles se livre systématiquement l’organisation de défense des droits de l’Homme dans les campagnes plus importantes. Elle serait bien inspirée de revoir ses règles de fonctionnement.

De même,il serait intéressant de connaître les raisons qui ont inspiré les Affaires étrangères de donner suite à la campagne de libération menée en Belgique.

Oussama Atar a finalement été libéré en 2012.

Il est évidemment facile de refaire l’histoire, mais celle d’Atar montre une fois de plus la grande candeur des responsables belges face à des djihadistes dont l’art de la dissimulation et de la victimisation est portée à son plus haut niveau.