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e coup d’Etat tenté dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016 par une fraction des forces armées turques a fait 290 morts, endommagé le parlement à Ankara, failli abattre l’avion d’Erdogan et a été suivi d’une purge impressionnante non seulement dans l’armée, mais aussi dans la police, la justice et l’enseignement.

Pourquoi le gouvernement turc a-t-il démis autant de ses gradés dans la structure de l’Otan ? Pour ce colonel limogé, la raison est que "nous sommes pour la plupart diplômés, laïcs, versés dans le monde occidental et que nous ne partageons pas la vision d’Erdogan d’une Turquie qui passe de l’Otan à Shanghai Five (le groupe de coopération asiatique, NdlR), des Etats-Unis à la Russie".

Tout le monde ne partage pas à l’Otan cette analyse. Le rapprochement opéré entre M. Erdogan et le président russe Vladimir Poutine procède plus d’un rééquilibrage des relations de la Turquie avec l’encombrante Russie que d’un détachement de son ancrage dans le monde occidental. Pour des raisons géostratégiques, liées notamment à la Syrie, et économiques, la Turquie a besoin de la Russie, comme la Russie a besoin de la Turquie. "Ceci est plutôt un re tour à la situation normale après une période de conflit", estime-t-on dans les milieux atlantiques.

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