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Un vilain crachin arrose Belfast. Du genre tenace, à s’infiltrer dans les manteaux, sous les bonnets et capuches. Robert McCartney, 81 ans, ne s’en émeut guère. Un feu crépite dans la cheminée de son élégant bureau. Cela n’empêche pas cet ancien avocat entré en politique à la fin des années 1980 de ruminer contre les célébrations du vingtième anniversaire de l’accord de Belfast, plus connu sous l’appellation d’accord du Vendredi saint, qui a officiellement mis fin à trente ans de conflit en Irlande du Nord. "Cet accord n’a pas apporté la paix, comme le clament les officiels, car les attentats avaient pris fin avec le cessez-le-feu de l’armée républicaine irlandaise (IRA) en 1994, même s’ils ont ensuite un peu repris en 1996", rappelle-t-il. "Le terrorisme a été éradiqué d’Irlande du Nord par les attentats américains du 11 septembre 2001 : l’IRA a compris que le président américain George W. Bush aurait donné comme consigne à Blair d’être impitoyable avec eux. Ce n’est qu’alors qu’ils ont vraiment commencé à déposer les armes."

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