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La visite de Donald Trump prévue dès lundi prochain en Israël devrait se dérouler dans un contexte bien plus tendu qu’attendu. Les renseignements confidentiels que le président américain a partagés la semaine dernière avec les autorités russes lors d’une visite à la Maison-Blanche émanent, au moins en partie, d’une source israélienne, affirmait mercredi le "New York Times". Si le Président a bien le pouvoir de révéler ce type d’informations, il peut ce faisant contribuer à mettre en danger cette source de renseignement - M. Trump aurait révélé le nom de la ville syrienne où est installé l’espion à l’origine de l’info.

L’affaire donne un nouveau coup de froid dans les relations entre Israël et les Etats-Unis. Pourtant, Israël a très peu réagi à ces révélations impliquant sa communauté d’espionnage. Mais l’affaire laissera sans doute des traces dans la coopération sécuritaire entre les deux alliés.

Washington éteint l’incendie

Un autre coup de froid entre Israël et Washington s’était produit en début de semaine. D’après la chaîne de télévision israélienne Channel Two, un membre de la délégation diplomatique américaine qui préparait la visite de Donald Trump en Israël avait précisé que le déplacement du Président au Mur des lamentations serait privé. D’après ce diplomate, le premier lieu saint du judaïsme ne serait pas le théâtre d’une rencontre entre le président Trump et le Premier ministre Netanyahou. Et d’expliquer que le Mur des lamentations se trouvait dans la Vieille ville, donc à Jérusalem-est, une partie de la ville occupée puis annexée par Israël.

Ces propos rapportés par la télévision israélienne rompaient avec la ligne politique américaine qui consiste à ne pas s’exprimer sur la souveraineté de Jérusalem. Benjamin Netanyahou s’était déclaré choqué. Et la Maison-Blanche avait tenté d’éteindre l’incendie en déclarant que ces propos n’étaient pas "autorisés" et qu’ils ne reflétaient pas l’avis ni de l’Administration ni du Président.

Le Président s’est ravisé

L’arrivée du nouvel ambassadeur américain en Israël, lundi, avait aussi ravivé des tensions apparues dans la foulée de sa nomination à la mi-décembre, au sujet du statut controversé de Jérusalem. David Friedman avait déclaré à l’époque avoir "hâte" de travailler au renforcement des liens qui unissent Israël et les Etats-Unis ainsi qu’à l’avancement de la paix dans la région "depuis l’ambassade américaine dans la capitale éternelle d’Israël, Jérusalem". Ses propos avaient relancé les spéculations autour du déménagement potentiel de l’ambassade américaine en Israël, de Tel Aviv à Jérusalem, une promesse de campagne de Donald Trump.

Devant les mises en garde affirmant qu’un tel événement produirait un bain de sang dans la région, l’intéressé élu à la présidence s’était ravisé, provoquant un coup de froid avec Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou pensait déjà tenir en Donald Trump le président qui allait activer la loi américaine de 1995, qui règle ce déménagement mais dont l’exécution est empêchée par une clause de report activée tous les six mois par le Président.

Le déménagement de l’ambassade américaine est un casse-tête compte tenu du statut controversé de la Ville sainte. Israël la considère comme sa capitale indivisible, alors que l’Onu ne reconnaît aucune des décisions unilatérales prises par les gouvernements israéliens successifs depuis près de 70 ans concernant la souveraineté israélienne sur la Ville trois fois sainte. L’Etat hébreu s’est emparé de la partie occidentale de Jérusalem à l’issue de la guerre de 1948, puis a occupé l’est de la ville depuis la guerre des Six-Jours en 1967, avant d’annexer cette partie en 1980.