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Vladimir Poutine a été réélu pour un quatrième mandat avec 76,67% des voix lors de la présidentielle russe dimanche, a annoncé la Commission électorale lundi après le décompte de 99,80% des bulletins de vote. M. Poutine, conforté comme l'homme incontournable de son pays, a ainsi battu son score lors de la précédente élection de 2012 et fait mieux que ce que prévoyaient les sondages des dernières semaines. La participation s'est élevée à 67,4%.

Une participation plus importante qu'en 2012

Le président russe, 65 ans dont plus de 18 au pouvoir, a fait de la participation sa principale bataille, dans un contexte de nouveau bras de fer avec les Occidentaux depuis l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal en Angleterre.

A 17h00, heure de Moscou, la commission électorale centrale annonçait une participation de plus de 50%. Quatre heures plus tard, les derniers bureaux de vote fermaient dans l'enclave de Kaliningrad. "Dans la plupart des régions, l'affluence a été plus importante qu'il y a quatre ans", a déclaré le président de la commission, Nikolaj Boelajev. Le président Vladimir Poutine, réélu avec plus de 70% des voix selon les sondages à la sortie des urnes, a lui-même été voter dans la capitale.

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Ecarté de l'élection en raison d'une condamnation judiciaire, le principal opposant Alexeï Navalny a accusé le Kremlin de gonfler la mobilisation en bourrant les urnes ou en organisant le transport massif d'électeurs vers les bureaux de vote. "Ils ont besoin de participation. Le résultat, c'est que la victoire de Poutine avec plus de 70% (des voix) a été décidée d'avance", a-t-il expliqué à la presse, assurant que la participation réelle était inférieure à celle de 2012. "Le seul moyen de mener une lutte politique en Russie, c'est de manifester. Nous allons continuer de le faire", a-t-il prévenu.

Fraudes

L'ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, a dressé sur son site internet une carte des fraudes faisant état à 14H00 GMT de 2.255 irrégularités, tels que bourrages d'urne, votes multiples ou entraves au travail des observateurs. > Tous les détails ici.

Pour encourager des électeurs à participer à un scrutin sans suspense à l'issue d'une campagne atone, les autorités ont mené des campagnes massives d'information et d'incitation, facilitant le vote hors du lieu de résidence mais aussi, selon des médias, faisant pression sur les fonctionnaires ou les étudiants pour aller voter.

Des militants de l'opposition ont fait par exemple état dimanche d'électeurs amenés en bus dans les bureaux de vote par la police ou de coupons de réductions pour des produits alimentaires distribués aux Russes se rendant aux urnes.

Vote bloqué en Ukraine

La dernière semaine de campagne a été marquée par un regain de tension entre Moscou et les Occidentaux en raison de l'empoisonnement en Angleterre de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille.

Cette affaire, sur laquelle M. Poutine est resté silencieux, a encore renforcé en fin de campagne le climat de quasi Guerre froide qui s'est installé pendant son dernier mandat, sur fond de soutien au régime syrien, de crise ukrainienne et d'accusations d'ingérence russe dans la présidentielle américaine.

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Symboliquement, le scrutin se tient quatre ans jour pour jour après la ratification du rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée, décidé à l'issue d'un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

Plus de 1.200 bureaux de vote ont ouvert en Crimée mais beaucoup de Tatars, une communauté musulmane qui s'est largement opposée à l'annexion, ne comptent pas se rendre aux urnes. "Il y a eu une grosse pression avant le vote sur les Tatars", a déclaré à l'AFP Alim Mambetov, président d'une organisation de défense des droits des Tatars.

La mobilisation était très faible dans les quartiers à majorité tatare de Crimée. "Nous avons 1.946 inscrits et à 10H30 (07H30 GMT), seules 67 personnes sont venues", aregretté Natalia, la présidente d'un bureau de vote du centre de Simféropol n'ayant pas souhaité donner son nom de famille.

En représailles à la tenue de la présidentielle en Crimée, Kiev a empêché le vote des Russes résidant en Ukraine. Des dizaines de policiers, ainsi que des militants nationalistes, bloquaient ainsi dimanche l'accès aux consulats russes dans plusieurs grandes villes.