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Quel sera l’impact de l’attentat de jeudi soir sur le vote ? La question est dans tous les esprits, à quelques encablures désormais d’un scrutin décisif.

Les avis sont partagés. Pour certains, cet événement pourrait bien faire bouger les lignes. "C’est le retour d’une préoccupation qui avait quitté la campagne au jour le jour mais qui n’avait jamais quitté la tête des Français, a expliqué le politologue Pascal Perrineau à "Ouest France". Cela pose une question […] Quel sera la femme ou l’homme la ou le plus capable de tenir les manettes dans un contexte qui peut être difficile ou dramatique ?"

Pour d’autres experts, au contraire, l’impact de ce drame sur l’élection pourrait demeurer limité. "Les problèmes du pays sont plus vastes qu’un événement comme celui-ci, aussi tragique soit-il, précise à "La Libre" Stéphane Rozès, politologue et président de la société Cap (Conseils, analyses et perspectives). Les électeurs voteront pour celui ou celle qu’ils estiment le plus à même de répondre au défi existentiel qui se pose aujourd’hui au pays." Les ultimes sondages divulgués vendredi semblent, à première vue, lui donner raison. Le dernier "rolling" Ifop-"Paris Match" - dont le panel est renouvelé par tiers tous les jours - n’indique pas de changements fondamentaux, si ce n’est une légère hausse, d’un demi-point, pour Emmanuel Macron. Mais l’ordre d’arrivée demeure le même : Macron (24,5 %), devant Le Pen (22,5 %), Fillon (19,5 %), et Mélenchon (18,5 %).

Un électorat tout sauf virtuel

Même stabilité relative dans l’ultime étude Odoxa-"Le Point", réalisée sur 2500 personnes - dont 1 500 ont été sondées avant l’attentat, et 1 000 le lendemain matin. Macron demeure en tête (24,5 % des voix), devant Le Pen (23 %), Fillon et Mélenchon (19 % chacun). Certes, la présidente du FN est la seule à enregistrer une progression par rapport à la précédente vague (+1 point), mais il est bien difficile d’en tirer des conséquences fondamentales.