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La candidate d'extrême droite à la présidentielle française s'est est prise samedi avec virulence au candidat centriste Emmanuel Macron estimant qu'avec lui au pouvoir, ce serait "l'islamisme en marche", au cours d'un meeting à Perpignan, dans le Sud-ouest. Ciblant celui que les sondages présentent comme son principal adversaire, Mme Le Pen a jugé "très important que les Français comprennent que si, par malheur, il était élu président de la République, il accélèrerait encore davantage la dérive multiculturelle dans laquelle s'enfonce la société française".

Emmanuel Macron à l'Elysée, "ça sera l'islamisme en marche, le communautarisme en marche", a-t-elle lancé devant environ 1.500 partisans, à huit jours du premier tour de l'élection (23 avril - 7 mai).

Mme Le Pen s'est interrogée sur la présence dans les rangs d'En Marche ! , le mouvement de l'ancien ministre de l'Economie du gouvernement socialiste, d'un responsable local accusé d'avoir des liens avec l'islamisme, Mohamed Saou. Ce dernier est actuellement au centre d'une enquête de la commission d'éthique d'En Marche ! , pour d'anciennes publications sur les réseaux sociaux.

"Pourquoi M. Macron ne veut-il pas exclure cet individu de son mouvement ? Parce qu'il subit la pression", du Collectif contre l'islamophobie en France, "bien connu pour ses liens avec l'islamisme", a accusé Mme Le Pen, qui a aussi qualifié son adversaire d'"homme sans foi ni loi".

Interrogé sur ce responsable vendredi, M. Macron a dit le "respecter", ajoutant au cours d'une pause dans une émission à la radio qui restait diffusée sur les réseaux sociaux : "Il a fait un ou deux trucs un peu plus... radicaux. C'est ça qui est compliqué. Mais à côté de ça, c'est un type bien (...) Et c'est pour ça que je ne l'ai pas viré".

Marine Le Pen avait rétorqué dans un tweet: "Non, M. Macron, on ne peut pas être adepte de l'islam radical et 'un type bien'".

Sur ce thème, la candidate de l'extrême droite que les sondages donnent présente au second tour, n'a pas non plus épargné le candidat de la droite, le conservateur François Fillon, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui, à ses yeux, n'est "absolument pas clair avec la question de la laïcité et de l'islam radical" et a "laissé prospérer un communautarisme triomphant".

En matière d'immigration elle a estimé que "son bilan parl(ait) pour lui" : "Lorsqu'il était à Matignon la France a battu des records d'immigration légale et illégale".

Or, pour elle, une "politique dissuasive d'immigration doit être mise en oeuvre d'urgence pour décourager ceux qui voient un eldorado dans notre pays: aide médicale d'Etat, allocations familiales, logement d'urgence, aides sociales...". "Il faut que ça cesse", a-t-elle lancé sous les vivats.