International La Cour d’assises de Francfort a été sensible à la défense de Klein: celui-ci a toujours nié avoir tué et il a renoncé publiquement au terrorisme. Un ex-membre présumé des Cellules révolutionnaires, Rudolph Schindler, sur le banc des accusés avec Klein depuis octobre pour complicité de meurtre, a été relaxé jeudi faute de preuve. L’accusation n’avait elle-même réclamé que 14 ans de prison, faisant valoir que les déclarations de Klein avaient permis d’éclaircir certains points de cette affaire. Le procureur Volker Rath s’était en outre déclaré convaincu de la sincérité des regrets exprimés par Klein. La mouvementée prise d’otages de Vienne avait été orchestrée par le terroriste vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos.

Un commando de six personnes armées avait fait irruption lors d’une réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), tuant un garde du corps irakien, un policier autrichien et un employé de l’OPEP avant de prendre 70 personnes en otages, dont 11 ministres. Klein, grièvement blessé par balle au ventre au cours de l’opération, avait été opéré à Vienne avant d’être transporté en avion à Alger avec le reste du commando et 30 otages, qui n’avaient été relâchés qu’après versement d’une rançon de 50 millions de dollars par l’Arabie Saoudite.

Dès 1976, la justice allemande avait délivré contre lui un mandat d’arrêt international pour homicide volontaire et prise d’otages. Mais il était resté introuvable jusqu’à ce jour de septembre 1998 où la police française l’a appréhendé dans un village de Normandie, dans le nord-ouest de la France. Au moment même où il comptait se rendre, a-t-il affirmé. L’ancien terroriste, qui sera extradé en mai 1999 vers l’Allemagne, se faisait passer depuis plusieurs années pour un journaliste de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Hans-Joachim Klein n’a jamais nié avoir participé à l’opération de Vienne: il l’avait avoué dès 1977 dans une lettre au Spiegel, tout en annonçant qu’il renonçait au terrorisme. Mais il a toujours affirmé n’avoir tué personne. En gage de sa bonne volonté, il avait fait parvenir au magazine son revolver et ses munitions, et mis en garde contre des attentats prévus. Il avait ensuite publié un livre, «La mort-mercenaire», dans lequel il condamnait le terrorisme.

Pour le député européen Daniel Cohn-Bendit, venu témoigner au procès de Klein, qu’il avait rencontré à la fin des années 1960 à Francfort où ils avaient participé ensemble à des manifestations, l’ex-terroriste a été victime de sa naïveté. A cette époque, ils font tous deux partie, comme l’actuel ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer également appelé à la barre à Francfort, du mouvement d’extrême gauche Lutte révolutionnaire, dans l’opposition extra-parlementaire. Mais l’ancien mécanicien, à la fois fasciné et effrayé par la violence, se lasse rapidement des débats intellectuels francfortois pour leur préférer le terrorisme international, selon Cohn-Bendit. Et il s’est laissé entraîner par les meneurs des Cellules révolutionnaires, un groupe clandestin allemand d’extrême gauche fondé en 1972. Un ex-membre présumé des Cellules révolutionnaires, Rudolph Schindler, sur le banc des accusés avec Klein depuis octobre pour complicité de meurtre, a été relaxé jeudi faute de preuve. Mais le parquet fédéral l’a renvoyé devant une autre juridiction à Berlin pour appartenance à un groupe terroriste.

(AFP)