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L'ex-soigneur belge Freddy Sergeant a été condamné, lundi à Bordeaux, à 4 ans de prison ferme dans l'affaire de trafic de «pot belge », et les frères Laurent - ancien cycliste - et Fabien Roux, respectivement à 30 mois de prison dont 20 avec sursis et 24 mois dont 15 avec sursis.

Les deux frères Roux, qui ont déjà effectué 8 mois de détention provisoire, n'auront pas à retourner en prison s'ils ne sont pas à nouveau condamnés dans les cinq ans, a précisé le président du tribunal du correctionnel.

A la sortie de l'audience, Laurent Roux a estimé sa condamnation «très lourde ». «La (récente) affaire du Tour de France a prouvé que les choses n'avaient pas changé depuis l'affaire Festina », a-t-il souligné.

Freddy Sergeant n'était pas présent à l'audience lundi et aucun mandat n'a été émis par le tribunal.

Les 20 autres prévenus de ce procès se sont vu infligés des peines allant de l'amende simple à de l'emprisonnement avec sursis.

Sergeant et les frères Roux sont aussi condamnés solidairement à une amende douanière de 180.000 euros, correspondant à la valeur estimée du trafic (2.000 fioles entre janvier 2003 et janvier 2005). Les 20 autres condamnés participeront au règlement de cette amende à des degrés divers, selon leur implication dans le trafic.

Cadre «festif »

Parmi les principaux condamnés, on relève Yvon Manchon, un intermédiaire marseillais, qui s'est vu infliger 24 mois de prison dont 15 avec sursis et mise à l'épreuve.

Laurent Biondi, directeur sportif adjoint - actuellement suspendu - de l'équipe pro AG2R, qui niait toute consommation ou implication dans le trafic, a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

Deux jeunes coureurs professionnels, Eddy Lembo et Philippe Koehler, ont été condamnés respectivement à 16 mois avec sursis et 10 mois avec sursis.

L'ex-champion du monde de VTT, Christophe Dupouey, qui avait reconnu avoir utilisé du «pot belge » dans un cadre «festif », s'est vu infliger 3 mois avec sursis.

Freddy Sergeant, 63 ans, un ancien soigneur qui a officié entre 1980 et 2001 dans les équipes professionnelles Daf, Boule d'or, HB, Deltongo, ZG Mobili, ADR et Continentale a comparu du 19 au 22 juin dernier aux côtés de 22 prévenus, pour avoir alimenté une filière soupçonnée d'avoir écoulé plus de 2.000 fioles de «pot belge ».

Revendeurs

Ce cocktail de produits dopants, dont l'enquête a révélé qu'il contenait principalement des amphétamines, était revendu auprès de coureurs amateurs, voire d'anciens professionnels, dans tout le sud de la France.

L'ancien coureur professionnel Laurent Roux, 33 ans, et son jeune frère Fabien, 24 ans, étaient les principaux revendeurs de «pot belge ».

Le procureur de la République de Bordeaux avait requis de la prison ferme à l'encontre des trois principaux acteurs, allant de 4 ans pour l'ex-soigneur belge Freddy Sergeant à 30 mois, dont 18 avec sursis, pour les frères Laurent et Fabien Roux.

Au premier jour du procès, Laurent Roux, coureur cycliste professionnel de 1994 à 2003, avait évoqué une pratique «généralisée » du dopage dans le peloton à son époque.

«Erythropoïétine (EPO), hormones de croissance, testostérone, cortisone... J'ai pris toutes les choses basiques qui se faisaient à cette époque-là », avait déclaré à la barre Laurent Roux, précisant que «tout le monde prenait au moins cela ».

«On se rend compte que le sport de haut niveau est une école de la toxicomanie », avait déclaré, dans sa plaidoirie, Me Gilbert Collard, l'un des avocats de Laurent Roux.